Festival Champagne et Vous 2016

Effervescence festive dans la vallée de la Marne

« Champagne et Vous! », un rendez-vous devenu incontournable

Château médiéval de Château-Thierry

© Quitou.com

Quel joyeux et pétillant week-end que celui que nous ont proposé ces 22 et 23 octobre les vignerons de l’Ouest de la vallée de la  Marne!

Souhaitant sans doute participer à la fête, la vallée dans son ensemble s’était parée de sa plus large palette de couleurs automnales pour accueillir le 3ème festival oenotouristique de la région « Champagne et Vous ! », installé sur les hauteurs du magnifique site du château médiéval de Château-Thierry. Les quelques brumes matinales du premier jour dissipées, c’est un soleil radieux qui allait inonder le village vigneron et ses alentours, pour le plus grand plaisir des visiteurs en quête contrastée de pétillantes fraîcheurs et de dernières douceurs avant d’affronter les frimas hivernaux.

Au programme…

Master Class - Les champagnes de l'Aisne

© Quitou.com

Pendant deux jours se sont succédé animations, master class, dégustations, ateliers à thèmes (taille, greffage…), concours, balades en voiture de collection dans le vignoble, spectaculaire voyage visuel dans le vignoble en 3D, expositions, présentation et dégustations de produits du terroir,…

Et puis, inévitablement élevées au rang d’étoiles incontournables de la manifestation, les multiples cuvées de champagne présentées par la trentaine de vignerons présents, souriants et disponibles, soucieux de mettre collectivement les atouts de leur région à l’honneur. Leur plaisir à se trouver là, au contact des amateurs passionnés et des professionnels, était largement perceptible. Et communicatif.

Du champagne a été vendu, bien sûr et c’est tant mieux, mais quelle réjouissance pour les visiteurs de ce festival effervescent de faire connaissance avec les vignerons et leur esprit de travail sans aucune pression à l’achat. Nous n’étions pas dans un salon et franchement, c’est un contexte d’échange particulièrement appréciable. Nul doute que cet investissement consenti par les acteurs du vignoble local aura à moyen et long terme des répercussions bien plus durables et efficaces que de longs discours publicitaires ou campagnes marketing privées du lien relationnel indispensable à toute valorisation d’image.

Le dynamisme des vignerons de l’Aisne n’est plus à démontrer. Pour preuve, ils s’étaient déplacés en début d’été 2016 jusqu’à Bruxelles pour nous le démontrer. Pour beaucoup d’entre eux, le temps où chacun se cloîtrait derrière les grilles de sa propriété semble révolu. Ainsi, ce secteur comptant plus de 3150 hectares et s’étageant sur les splendides coteaux compris entre Dormans et Charly-sur-Marne, s’est mieux fait connaître par ses ambassadeurs de circonstance auprès de nombreux acteurs de la filière, donnant de l’ensemble de la Champagne une image de grande convivialité et de proximité, portée essentiellement par les caves particulières.

Vallée de la Marne Ouest - Secteur de Bonneil

© Quitou.com – Vallée de la  Marne Ouest – Secteur de Bonneil

Quand le meunier se fait caméléon

Ces vignerons, fiers de leur cépage emblématique, le pinot meunier (Près de 70% de l’encépagement régional), et désireux de ne pas le voir réduit à l’image plutôt « pataude et sans réelle fraîcheur » qui le poursuit injustement, ont pu concrètement démontrer dans les verres les multiples visages qu’il peut présenter, selon qu’il s’enracine sur des sables (vins légers, soyeux, en dentelles), argiles (vins plus gras, charmeurs, ronds et charnus), calcaires (vins tendus, avec de l’allonge, plus minéraux, parfois anguleux), ou même sur des alliances de ces sols qui induisent inévitablement encore davantage de complexité. Et ce qui est vrai pour le meunier l’est également pour les autres cépages. Quelle surprise pour beaucoup de découvrir le style tout en mâche et vinosité du chardonnay né sur argiles, qui place alors sa célèbre fine élégance au second plan, au bénéfice d’un enrobement et d’une patine qu’on ne lui attribue habituellement pas…

Du coup, dans les assemblages qui font appel à deux ou trois des cépages classiques, les cuvées de la Vallée de la  Marne réunissent 3 atouts majeurs qui en font des vins complets: la fraîcheur, l’enrobage et la gourmandise.

Loin d’Épernay, point de salut?

© Quitou.com Ce qui m’a peut-être le plus réjoui au cours de ce week-end, c’est le constat que pour ces acteurs viticoles que l’on dit trop éloignés de Reims et Epernay pour espérer une réelle reconnaissance et un développement de notoriété probant, l’initiative menée par quelques-uns d’entre eux s’est finalement concrétisée par une réussite marquante et méritée, dont je suis convaincu que tant localement qu’au-delà des frontières, elle aura des répercussions positives pour l’ensemble de cette si belle région viticole. Les clés de cette réussite tiennent à quelques valeurs essentielles, ressenties durant tout le week-end sur le site du château médiéval: détermination, solidarité, plaisir de l’échange.

Lors de mes échanges avec les vignerons présents, j’ai entendu de manière récurrente et sous forme d’aveu parfois implicite cette confidence qui fait état du retard en terme de développement d’image, de notoriété et de dynamisme qui pesait sur l’ensemble de la région. Ce sentiment d’être un peu trop loin de tout, sans réellement bénéficier des strass entourant les deux villes phares de la région champenoise. Le succès du festival est une réponse cinglante à ceux qui s’en plaignent sans tenter de faire bouger les choses.

C’est peut-être à eux, qui n’ont pas encore pris le train du dynamisme en marche, mais aussi à ceux qui s’investissent au-delà de leurs intérêts personnels et qu’on souhaiterait encourager à poursuivre leur démarche qu’on a envie de rappeler ce proverbe africain : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. »

Q.

 

  • © Quitou.com

    © Quitou.com

    Pour en savoir davantage sur le festival,  le site qui lui est dédié est à découvrir ici.

  • J’évoquais déjà les objectifs de ce festival dans ici.
  • Pour en savoir plus sur la région champenoise, c’est par

 

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Dîner de Presse - Park Side Brasserie - Vignerons de la Vallée de la Marne

Quand le meunier passe à table…

Six cuvées champenoises de la Vallée de la Marne et leurs accords gourmands

 

Restaurant Park Side Brasserie Brussels

Park Side Brasserie Brussels – © ATTVM

Dans la perspective de la préparation du festival oenotouristique « Champagne et Vous ! » qui aura lieu les 22 et 23 octobre prochains à Château-Thierry dans la vallée de  la Marne, les vignerons locaux ont organisé en début d’été un dîner de presse dont l’objectif était de faire connaître leurs projets et perspectives partagés.

J’évoquais plus en détail les tenants et aboutissants de ce festival dans ce précédent billet

C’est dans le chaleureux cadre du Park Side Brasserie à Bruxelles que nous attendaient quelques vignerons champenois de l’Ouest de la vallée pour un événement œnologique et gastronomique qui permit de mieux connaître leurs actions en faveur de la promotion de leur travail et de leur région mais aussi de souligner la remarquable polyvalence à table du seigneur local, le pinot meunier.

Voici mes commentaires de dégustation concernant les 6 cuvées présentées par leurs créateurs et les accords gourmands imaginés par Geoffrey Orban, l’expert-dégustateur qui s’était déplacé avec les vignerons.

Vignerons de la Vallée de la Marne - Bruxelles - Juillet 2016

Vignerons de la Vallée de  la Marne et Geoffrey Orban © ATTVM

 

Champagne Alain Mercier – Brut Blanc de Noirs – Cuvée Emile (2013) – 100% PM – 10g

Champagne Alain Mercier - Cuvée Emile - Brut Blanc de Noirs

© Quitou.com

Le vin: Cordon fin et reflets jaune sable. Dès l’ouverture, la fraîcheur de l’agrume s’impose, laissant ensuite place aux notes plus mûres de fruits exotiques (mangue, ananas). La bouche confirme, imposant une tonicité importante à l’attaque, relayée par une impression plus crémeuse en finale. Un vin texturé et charnu mais conservant une belle élégance d’ensemble. L’équilibre est harmonieux et la finale s’impose par sa sapidité, ponctuant une bouche qui s’élargit au fil de la dégustation.

L’accord : Crème de Comté et ananas. L’alliance ramène de la volupté et arrondit les angles parfois agressifs de l’ananas. Très belle complémentarité, dans une logique réussie de contraste entre les deux éléments. Savoureuse sensation de crème acidulée en bouche.

 

Champagne Gratiot-Pillière – Brut Héritage Millésimé 2011 – PM 59% / CH 23% / PN 18% – 9g

Champagne Gratiot-Pillière Cuvée Héritage 2011

© Quitou.com

Le vin: Cette cuvée exclusivement issue de vieilles vignes et ayant effectué sa fermentation alcoolique en fûts de chêne de 3 ans affiche une forte personnalité. Les reflets jaune-vert éclatants scintillent dans une robe aux larmes fluides. Les fruits secs s’en donnent à cœur joie (noisette, amande fraîche, pistache), associés à quelques senteurs végétales et florales (vétiver, tilleul). L’attaque se décline dans la rondeur mais assez rapidement, le milieu de bouche se resserre ouvre la voie sur une finale tendue et incisive, très vivifiante. En somme, un chemin inverse de la cuvée précédente…

L’accord : Saumon fumé au bois de hêtre. L’objectif est à la fois de permettre à l’acidité du vin d’aller chercher les acides gras du saumon et de tester la complémentarité de l’esprit « fumé » du vin et du poisson. Mon impression est mitigée. Les deux éléments s’entrechoquent quelque peu et le caractère fumé l’emporte malheureusement sur la fraîcheur de la cuvée.

 

Champagne Eve des Rêves – Brut Millésimé 2009 – PM 70% / CH 25% / PN 5% – 10g

Champagne Eve des Rêves - Brut Millésimé 2009

© Quitou.com

Le vin: De jolies bulles fines montent en train régulier, dans une robe légèrement citronnée, à l’arceau fin. La frangipane et les épices douces envahissent l’ouverture, relayées par les fruits blancs frais (poire, pomme). Intéressante vivacité olfactive à l’aération. En bouche, élégance, salinité et vivacité sont au rendez-vous. Finale soyeuse de persistance appréciable. Un vin complet, racé et frais, proposant une bouche élancée et sans aucune lourdeur.

L’accord : Cabillaud poché, pommes grenailles et herbes aromatiques. Magnifique entente entre le cabillaud pris seul et le champagne. La distinction du vin est préservée et l’alliance renforce la personnalité du champagne, qui n’en manquait déjà pas. Le champagne agit comme un écrin autour de la chair du poisson. J’ai adoré la complicité de ces deux-là!

 

Champagne Christian Naudé – Brut Blanc de Noirs – PM 70% / PN 30% (Vins de 2011/2012) – 10g

Osso Bucco à la milanaise

© Quitou.com

Le vin: Le cheminement des bulles est rapide. Les nuances sont dorées à reflets jaune paille assez soutenus. Les larmes sont épaisses et descendent lentement (peut-être en raison de la présence d’argiles et de marnes dans le sol). Le Meunier apporte les notes de pomme cuite et de pêche et le pinot noir s’exprime sur la prune mûre et les épices. En bouche, l’attaque place le vin sur la réserve mais rapidement, l’ensemble explose et le Meunier se lâche, imprimant un style opulent, gourmand et pulpeux. Les pinots sont tendus, puissants en acidité, mais plus feutrés dans une finale est surprenante d’évanescence.

L’accord : Osso Bucco de veau à la Milanaise (parfaitement maîtrisé et de cuisson idéale, viande fondante à souhait, relevée par les légumes et épices méditerranéens). Parfaite harmonie dans cette alliance, le vin possédant la puissance suffisante pour faire face (et compléter) les herbes aromatiques et légumes méridionaux. Un très bon moment épicurien, les deux complices s’associant pour notre plus grand plaisir. Non, le champagne n’est pas réservé qu’aux poissons, fruits de mer et crustacés!

 

Dérot-Delugny – Brut Rosé – PM 70% / CH 20% / PN 10% – 8g

Champagne Dérot-Delugny - Brut Rosé

© Quitou.com

Le vin: A la vue, impression contrastée de fluidité et de densité. La robe est framboisée à reflets légèrement orangés. Les petits fruits rouges s’expriment sans retenue (fraise des bois, cerise), relayés par une jolie fraîcheur mentholée et une note fumée qui apparaît au fil de l’aération (sol marneux ?). La bouche se montre svelte et enveloppante, sa bulle nettoie le palais. On y apprécie les saveurs d’amande fraîche et de céréales torréfiées. Dès le milieu de bouche, l’ensemble se resserre sur son acidité et la minéralité calcaire s’impose. Très tonique (pomelo), ce vin associe une réelle nervosité à un corps ample et velouté.

L’accord : Un chèvre cendré (et tranches de pommes granny) et un saint-nectaire. Ma préférence va vers le chèvre pour l’alliance « crayeuse » du vin et du fromage. La pomme rappelle par sa vivacité l’agrume (pomelo). La complicité avec le saint-nectaire s’appuie davantage sur un contraste entre les deux textures. Moins enthousiasmant à mon goût, l’alliance ne prenant pas vraiment, chacun des deux protagonistes restant dans son coin à observer l’autre…

 

Leclère-Torrens – Brut – PM 60% – CH 10% – PN 10% – 20% de vins de réserve – 10g

Champagne Brut Leclère-Torrens

© Quitou.com

Le vin: C’est sur cette cuvée uniquement que la maison tente de conserver le même goût chaque année. Les autres cuvées sont éphémères. Singularité du travail, les assemblages sont faits sur pressoir. Jolie robe chatoyante, jaune doré à paille, larmes éparses. Le bouquet associe les épices douces (cannelle) aux notes plus fraîches de vétiver, foin et menthe. Les agrumes ne sont pas en reste (mandarine, orange sanguine). En bouche, de l’accroche, une puissance maîtrisée n’empêchant pas l’élégance et une jolie expression de saveurs acidulées (agrumes), évoluant en finale vers un registre plus mûr (nectarine).

L’accord : Fraises et ananas, sorbet citron et feuilles de menthe). L’accord approche la perfection. Le dessert, contrasté par son sorbet acidulé qui équilibre la maturité et le sucre des fraises, trouve dans cette cuvée vineuse et vive à la fois les éléments de complicité nécessaires. Par conscience professionnelle, je mis un point d’honneur à finir mon assiette… et celle de ma voisine.

 

Tentative de conclusion

Au-delà des inévitables et souhaitables subjectivités inhérentes aux perceptions sensorielles de chacun, cette soirée a permis de valider sans aucune réserve l’adaptabilité à table des cuvées dominées par le pinot meunier. Et pas seulement dans le rôle d’un champagne gourmand, rond et mûr, idéal pour les pâtisseries du milieu d’après-midi…

Dos de cabillaud

Dos de cabillaud, légumes croquants, tomates en émulsion d’huile d’olives – © Quitou.com

Amateurs de cuvées champenoises à forte identité, de vins d’artisans, l’occasion vous est donnée de rencontrer ces vignerons et leurs nombreux collègues. Une trentaine de domaines seront représentés au festival de cet automne.

N’hésitez pas, au-delà de l’intérêt œnologique, c’est dans le cadre d’une magnifique région, la plus belle en Champagne selon moi, que se déroule le festival « Champagne-et-Vous ! 2016 »

Les vignerons nous reçoivent dans leur fief et c’est avec un enthousiasme non dissimulé que j’accepte leur invitation.

Serez-vous des nôtres ? Tous les renseignements sont ici..

Q.

 

© ATTVM

© ATTVM

Voici les références des vignerons présents:

  1. Champagne Alain Mercier
  2. Champagne Gratiot-Pillière
  3. Champagne Eve des Rêves
  4. Champagne Christian Naudé
  5. Champagne Dérot-Delugny
  6. Champagne Leclère-Torrens

 

 

 

 

 

verre de champagne "Champagne et Vous"

Champagne et Vous! Les vignerons de la Vallée de la Marne sont là pour vous y aider…

Champagne et Vous ! Ça vous fera du bien…

flûte champagne

© ATTVM

Aux quatre coins de l’hexagone, les initiatives se multiplient pour dynamiser l’image des différents terroirs et valoriser le travail des acteurs du terrain viticole. Systématiquement, elles prennent le visage de rencontres réunissant les vignerons, ceux qui promeuvent leur travail et les consommateurs. Ponctuellement, ces actions s’orientent vers la presse et la blogosphère pour développer la notoriété de ces initiatives. Pour avoir rencontré cet été quelques acteurs champenois et partagé avec eux un très alléchant moment œno-gastronomique, la démarche dont je vous parle aujourd’hui me tient particulièrement à cœur.

Les vignerons de l’Ouest de la Vallée  de la Marne ont compris l’importance de se regrouper autour d’un projet commun tout en conservant leur identité singulière. Pour ces acteurs-là, fini le temps où l’on se cloîtrait derrière ses grilles et dans l’intimité des caves, préservant comme un arcane majeur ses expériences de viticulture, secrets d’assemblages et recettes de vinification. Les « Ambassadeurs du Terroir et du Tourisme en Vallée de Marne » ont pris les choses en main, en véritable communauté de partages et d’intérêts.

Pour preuve, leur dynamisme en la matière s’est concrétisé depuis 2014 par l’organisation d’un événement viti-culturel et oenotouristique d’envergure joliment baptisé « Champagne et Vous ! ».

Affiche Champagne et Vous ! 2016

© ATTVM

La troisième édition de ce festival effervescent aura lieu les 22 et 23 octobre prochains sur le magnifique site du château médiéval de Château-Thierry, à l’époque une des plus importantes places fortes de France. Un endroit magnifique, à l’image d’une vallée qui regorge de richesses architecturales, culturelles, historiques et bien entendu viticoles.

Une trentaine de vignerons, réunis autour du plaisir de faire connaître leur terroir par la dégustation des différents visages de leur production, attendent les amateurs de vins habillés de bulles, ceux pour qui la répétition annuelle des styles ne représente pas le graal. Chacune de ces cuvées est marquée par l’empreinte du vinificateur, qui prendra plaisir à vous en parler. De multiples animations complèteront un programme déjà très séduisant : démonstrations viticoles (ateliers taille, greffage, dégorgement…), concours culinaire autour du champagne, fauconnerie, présentation de produits du terroir, balade dans les vignes en voiture de collection…

Art et culture entoureront les bulles. Cette mosaïque de richesses ne représente-t-elle pas la synthèse de ce qu’une contrée fière de ses racines et de son terroir peut offrir ? C’est toute une région qui nous parle, par ses trésors interposés.

La Vallée de la Marne coule jusqu’à Bruxelles

Dîner de Presse - Park Side Brasserie Brussels

Dîner de Presse – Park Side Brasserie Brussels – © ATTVM

Les dîners de presse restent une opportunité intéressante de rencontre pour les vignerons et ceux qui font écho de leur travail auprès des consommateurs dans leurs chroniques et billets. L’intérêt de ces activités dépend avant tout de la qualité des intervenants. J’ai ponctuellement connu à ce sujet de cuisantes désillusions. Par principe, quand c’est le cas, je n’en parle pas dans le détail.

En ce 5 juillet 2016, c’est à un dîner-dégustation que quelques journalistes et blogueurs ont été conviés par les vignerons locaux, au Park Side Brasserie à Bruxelles. L’animation y était assurée par les vignerons présents, bien sûr, mais aussi par Geoffrey Orban, dont les qualités d’expert-dégustateur mais aussi « raconteur de vins » et de pédagogue se sont avérées remarquables. Cette animation fut conviviale, enrichissante et pointue en terme de dégustation. Franchement, le genre de moment qu’on aimerait vivre plus souvent.

Au cours de la soirée, qui permit aux membres de l’Association de présenter l’esprit de leur démarche mais aussi leurs domaines, furent testées plusieurs alliances mets et vins qui, si elles n’échappèrent pas à la subjectivité des goûts personnels, eurent le mérite de souligner la complémentarité de différents assemblages ou cuvées mono-cépage avec une cuisine soignée et goûteuse. Dans certains cas, ces associations prirent le visage d’unions intimes, pour le plus grand plaisir de nos papilles!

Geoffrey Orban - Educavin - Animation du dîner de Presse au Park Side Brasserie Brussels

Geoffrey Orban – Educavin – © ATTVM

Geoffrey Orban avait sélectionné les plats, imaginant des alliances qui, pour la plupart, se révélèrent très harmonieuses. En souvenir, un accord formidable entre un millésimé 2009 (70% de pinot meunier) d’une grande élégance et un cabillaud poché, mais aussi un délice d’osso-buco de veau à la Milanaise qui trouva son parfait complice dans une cuvée Blanc de Noirs opulente et pulpeuse.

Vous trouverez mes commentaires de dégustation des différentes cuvées dégustées et leurs accords gourmands d’un soir dans un prochain billet. La place du pinot meunier y est prépondérante, voire exclusive pour la première d’entre elles.

Le pinot meunier, injustement sous-estimé

Né d’une mutation du pinot noir (que nous savons instable en la matière), ce cépage, qualifié par beaucoup et de manière réductrice de « grossier et inélégant », réserve bien des surprises et présente plusieurs atouts. Il est peu gélif, ce qui représente un avantage dans cette région dont les températures flirtent régulièrement avec la limite de mûrissement du raisin. Lors des années froides, il est le seul à atteindre des maturités réellement satisfaisantes et ne présente pas de fragilité à la coulure. De plus, les zones de la vallée où subsistent les brumes ne lui font pas peur. Un costaud en rondeur de texture donc, aux rendements très satisfaisants et au fruité intense, qui a trouvé sur les coteaux qui s’étagent de part et d’autre de la rivière et parfois très en hauteur sa terre de prédilection. La Vallée de  la Marne et ses terres argileuses l’ont accueilli les bras ouverts.

feuilles de pinot meunier

Feuilles de pinot meunier – © Quitou.com

Aujourd’hui, ce Meunier dont le nom est inspiré de l’aspect « enfariné »  duveteux d’une face de ses feuilles ne fait plus honte et nous nous en réjouissons. Il s’est pourtant peu exporté hors de Champagne. Pour l’anecdote, c’est dans la petite appellation ligérienne « Touraine-Noble-Joué » qu’on le retrouve dans un rôle non marginal.

Où sommes-nous?

Vallée de la Marne

Vallée  de la Marne – Secteur Hautvillers – © Quitou.com

Quelques mots de la région qui nous occupe. Sur les coteaux parfois abrupts de la vallée, le meunier déjoue les prévisions et lutte sans peine contre les lieux communs. Il démontre aussi ça et là que l’interdiction qui lui est faite de revendiquer le statut de Grand Cru, à l’inverse de ses deux complices le chardonnay et le pinot noir, peut localement s’apparenter à une injustice.

A cheval, en vélo ou en voiture, cette vallée dévoile sans retenue ses charmes et son riche passé historique. Tout y est imprégné de l’aura qui entoure un vin légendaire aux visages multiples, pourtant réunis sous un vocable unique.

De tous les terroirs champenois, la Vallée de  la Marne a toujours tenu une place singulière dans mes choix. Peut-être parce que ses paysages ondulants et parfois escarpés contrastent avec d’autres zones au profil nettement plus monotone.

Peut-être aussi parce que la douceur qui se dégage du lit tranquille de la rivière envahit sans contraste les versants où les vignes enveloppent les villages. Pour celui qui se laisse aller à la flânerie entre les règes et le long de l’eau, l’apaisement n’est jamais loin.

Peut-être encore parce que cette vallée de la mémoire porte dans de multiples recoins les stigmates de combats légendaires. Une histoire douloureuse et héroïque à la fois. Et puis, qui pourrait rester indifférent au berceau qui a donné naissance à Jean de La Fontaine, Paul et Camille Claudel, mais aussi au Pape Urbain II, déclencheur de la première croisade ?

Peut-être enfin parce que comme évoqué précédemment, cette zone champenoise a également su offrir quelques lettres de noblesse au pinot meunier, cépage mal-aimé, parfois méprisé, que de nombreuses grandes maisons achètent presque en cachette pour arrondir les angles de leurs cuvées et en rehausser la force aromatique. Un cépage qui pourtant, dans ce secteur, peut présenter des vertus qu’on ne lui prête habituellement pas et atteindre des niveaux d’expression et de profondeur insoupçonnés… Les vignerons locaux lui on fait confiance, sa surface de plantation représentant 70% des plantations.

Prenons rendez-vous pour une pétillante évasion!

champagne et vous

© ATTVM

Sous les couleurs automnales, l’événement « Champagne et Vous ! » 2016 rassemblera en octobre prochain à Château-Thierry tous ceux qui trouvent un intérêt à rencontrer des vignerons de caves particulières mais aussi des artisans locaux. Je ne manquerai pas ce rendez-vous.

Et vous ? Aurons-nous l’occasion d’y partager quelques bulles ? Si vos papilles vous démangent, si vous n’avez jamais déambulé dans les merveilleux méandres de la Marne, n’hésitez pas à me contacter pour m’en informer ; je suis prêt à organiser une expédition collective entre épicuriens dont la soif de découvertes et de partages est insatiable…

A très vite pour mes commentaire de dégustation et d’accords gourmands!

Q.

 

Pour en savoir plus sur ce festival, c’est par ici...

Pour une découverte plus globale de la zone viticole champenoise, c’est par

Coteaux de la Vallée de la Marne

© Quitou.com

 

 

 

 

 

Champagne Veuve Kamendy Réserve Brut

Un Champagne à moins de 10€… Croire au miracle?

Un miracle en Champagne?

Champagne Veuve Kamendy - Réserve Brut

 

 

 

 

Bon, on résume le jeu d’équilibriste… Même pas un billet rouge pour une bouteille de champagne, le plus prestigieux vin effervescent au monde!
Malgré l’augmentation substantielle des accises  en Belgique (1,92€/bouteille) et la hausse du prix du kilo de raisin champenois (entre 5,50€ et 7,50€ et il en faut 1,2Kg pour une bouteille…), ils y sont à nouveau arrivés. Ces magiciens seraient-ils capables de nous faire croire aux miracles? Deux éléments manquent encore dans le calcul, la TVA et l’éventuelle marge…

De là à imaginer des tailles et rebêchages en série puis l’intervention généreuse de la raffinerie sucrière… Psssst, tu médis Quitou. Va acheter une bouteille et tu en reparles APRÈS.

Deux jours plus tard. A ceux qui s’inquiétaient pour ma santé, merci, tout va bien.

Dégustation d’un champagne Brut Réserve Low Coast

Comme promis, voici ma perception de ce champagne Veuve Kamendy, produit au prix fracassant ou fracassé, c’est selon.

Champagne Veuve Kamendy - Réserve Brut

© Quitou.com

– La robe est avenante, sable à reflets paille, de bel éclat. Je ne m’étendrai pas sur les bulles, sachant que leur nombre et leur épaisseur dépendent pour une grande part de la propreté du verre.
– On y plonge. A l’ouverture, les notes aromatiques rejoignent rapidement le registre végétal et herbacé (mousse, fougère humide, rhubarbe). Ensuite, une certaine affabilité s’installe, illustrée par quelques notes de confiserie (bonbon acidulé à la pomme). Déjà un contraste donc, entre verdeur et flatterie doucereuse. Si le vin reste quelques minutes dans le verre, une petite touche d’amande apparaît. Mais légère, ne nous emballons pas.
– Première prise en bouche. La prise de mousse est massive à l’attaque, soutenue par une acidité tonifiante. C’est engageant.
Puis… L’effondrement. Une fuite en Égypte sans retour possible. Un hymne à l’éphémère.
Le vin se montre creux et sans âme, plutôt mou. Où est-il ? Aurait-il déserté le couard ? Pas de typicité variétale, peu de relief, un fruit quasi absent. Le toucher est flatteur, presque onctueux mais dans un style plutôt furtif, pour rester mesuré. Finale (difficulté à utiliser le mot) évanescente, révélant un dosage généreux, certainement indispensable pour équilibrer la végétalité. Selon moi, cette cuvée ne doit son salut qu’à ce dosage.
– Deuxième prise en bouche. Rien de nouveau, les quelques éléments positifs confirmant le caractère malgré tout poltron de l’affaire. Et inutile d’accuser le pinot meunier, présent dans l’assemblage, d’être le coupable des faiblesses de cette cuvée. De nombreux vignerons tirent de belles expressions de ce cépage moins considéré.

Que retenir de l’expérience?

Ma conclusion est que cette bouteille ne devrait faire de mal à personne mais qu’elle représente tristement ce que le terroir champenois peut nous offrir.

Spritz au champagne

Spritz au champagne © Quitou.com

Au risque d’en choquer certains, son contenu s’est vu rejoint rapidement et sans états d’âme dans mon verre par une dose d’Apérol, ce que je me garderais bien de faire avec les meilleurs cavas de ma cave…

Le point positif ? Le mot champagne, pour beaucoup synonyme de fête à la hauteur de son nom, potentiellement présent aussi sur les tables à budgets serrés. En l’écrivant, mes doigts cherchent malgré tout les touches du clavier, mes pensées s’orientant sans hésitation vers quelques amis producteurs de crémants et cavas de qualité, à prix très accessibles.

Enfin, à 2 heures de chez nous, dans les premiers villages du Massif de Saint-Thierry ou sur les terroirs proches de Reims et d’Épernay, et pour à peine 5€ de plus, vous ferez connaissance avec des champagnes de vignerons et leurs créateurs. Si vous filez dans l’Aube, dans les petits villages autour de Bar-sur-Seine ou Bar-sur-Aube, le choix à prix très raisonnables sera encore plus large!
Plus le temps de faire le voyage? Suggestion, pour les non convaincus. Achetez une bouteille de notre star du jour, que vous comparerez à l’aveugle avec celle que le caviste que vous ne connaissez peut-être pas encore vous aura conseillée. Vous avez de grandes chances de vous faire deux nouveaux amis : le champagne et celui (celle) que vous aurez rencontré(e).

Car ne l’oublions pas, nos meilleurs alliés pour un choix judicieux restent les cavistes, de quartier si possible. Pas forcément plus chers que certaines enseignes connues, ils sauront vous conseiller et vous orienter vers un choix que vous ne regretterez pas. Un choix partenaire, respectueux de vote budget et de vos envies et goûts personnels.

Belles fêtes de fin d’année à tous !

Q.

 

– Si vous hésitez entre Cava et Champagne, j’en parlais ici.

Enregistrer

Enregistrer

Caméra du studio de Keywall

Il y a un an… le On et le Off

QUITOU.com

Pose des fondations de Quitou.com

A vous tous qui avez suivi l’évolution de notre projet, je dois aujourd’hui quelques explications transparentes, sous forme d’éclaircissements sur le passé et de perspectives de développement envisagées pour les mois prochains. Dans la frénésie des envolées du lancement de QUITOU.com, un arrêt sur image donc, salutaire peut-être, nécessaire certainement.

Ce billet porte un regard sur ce qui a été vécu et partagé, en équipe et avec vous, depuis un certain temps déjà. Le suivant nous projettera résolument vers ce qui se profile.

Il y a un an donc…

Nous étions dans le tourbillon du lancement de notre concept. A ce moment, les nuits sans sommeil et leurs noirceurs inspirantes faisaient mon quotidien, les lumières d’espoirs de l’aube aussi, parfois. Il y a eu encore, sournoise, l’indispensable fragilité des certitudes fugaces ou, surgissant sans effet d’annonce, la puissante force motrice permise par l’identification des faiblesses révélées.

Où suis-je ? Quel tourbillon que ces mois expirés ! Tant de rencontres. L’amitié naissante ou entretenue, l’ouverture à des mondes qui m’étaient inconnus et aux gardiens de leurs temples. Le vin, omniprésent, si souvent venu dans nos verres avec le sol qui l’a porté, le raisin bichonné qui lui a donné vie, l’homme qui l’a ensemencé, rêvé puis accompagné. Les échanges qu’il permet. Les espoirs qu’il offre sans compter et de temps à autre aussi, les déceptions engendrées par des attentes surdimensionnées ou des rêves sensoriels incapables de toucher la réalité.

On avance, au fil des jours. L’équipe se resserre et fait face aux impatients, solidaire. Tu sors quand de ton bois, Quitou ? Tes sourires énigmatiques ne suffisent plus. Au fil des mois, au gré des rencontres, les questions se font plus rares, certains regards gênés ne peuvent voiler le doute qui s’est installé. Y arrivera-t-il ? Poursuivre pourtant, oublier la fatigue et extraire l’énergie dans un puits de ressources insoupçonnées.

Aller trop loin, parfois. Puiser trop profond, viser trop haut. Trébucher et s’en sentir bien. Filer dans le vignoble, seul ou entre amis et s’apaiser en recontactant les hommes de la terre et du vin.

Et puis, dans la foulée, une question, lancinante : Comment rassembler davantage, partager, donner envie, présenter des clés de lecture et avant tout, exploiter ce qui reviendra ? Comment poursuivre les semailles entamées il y a si longtemps ? Des vidéos, bien sûr, pour toucher large, ça paraît si simple. Suffisait d’y penser… Mais comment recréer l’échange avec une caméra, dans un studio qu’on sait par nature aseptisé ?

Chercher, pour le fond et la forme, à expliquer en quelques instants ce que nous souhaitons faire…

Alors, il y eut ceci, réalisé par Dreamwall :

L’ombre du studio se rapproche

La phase opérationnelle du test était lancée… Les journées se prolongeaient souvent bien tard.

Rentrer dans le silence de la nuit de réunions interminables, surprendre mon fidèle petit compagnon nocturne devant la porte, un minuscule hérisson à peine éclairé par une lune souvent blafarde. Se sentir totalement incapable de s’allonger sans transition, lire alors ses mails accumulés au rythme du seul crépitement des gouttes sur la vitre. Solitudes nocturnes apaisantes. Répondre, imaginer, écrire, préparer les post-it sur la table de chevet au cas où, pendant la nuit, un éclair…

Se dire qu’il est tard mais qu’on est vivant. Vibrant.

En posant ces mots, je pense avec tristesse à toutes ces familles parisiennes récemment endeuillées de la pire façon. Retentissent alors en moi ces implacables mots d’Aragon : « Certains jours, j’ai rêvé d’une gomme à effacer l’immondice humaine… »

Je réalise aussi, dans le climat de peur communautaire et de tentatives d’intimidation issues de la barbarie, le privilège ressenti à pouvoir encore réfléchir à mes propres perspectives.

Reprenons. Subir sans rechigner tant de sursauts nocturnes faisant surgir des idées subitement devenues essentielles, qu’on démontera pourtant le lendemain d’un éclair de lucidité.

Le temps a parfois installé des doutes, porteurs d’humilité ; jamais l’envie n’a faibli.

Les proches se sont accrochés, comme ils ont pu. Ils ont eu du mérite. Les réserves en tous genres faiblissent de partout mais qu’importe, le cœur du projet est en fusion progressive. Des énergies se mobilisent, des talents se révèlent. Les perspectives s’ouvrent mais surtout, surtout, ne pas s’emballer.

Apprendre à vivre progressivement à l’ombre de ses propres espoirs ou craintes. Avancer, doucement et en s’écoutant, sans doute autrement.

Silence, on tourne!

Enfin, au terme de longs mois passionnants à vivre vient le jour du grand rendez-vous avec la caméra.

Mais dieu que ce studio pourtant suréquipé et si bien préparé est froid… Où sont les bruits familiers de nos soirées à thèmes ? Les chuchotements de coins de table, les questions murmurées par crainte de moqueries, les regards inquiets de ceux qui se demandent où ils sont tombés, les interpellations assurées des cadors qui savent tout, les émotions intransférables de chacun devant la force du verre, les éclats de rire contagieux et le sentiment de rentrer, en début de nuit, fatigué mais léger, alourdi par la charge affective du vécu partagé ?

Tu es là, dans cet étrange endroit technologiquement impressionnant, qui te laisse croire qu’il peut faire des miracles. Et soudain, tu te sens si petit.

studio Keywall

Studio Keywall – © Quitou.com

Presque hagard, tu te sens venu d’une autre planète. Les efforts de ses autochtones pour te mettre à l’aise sont aussi méritants qu’inutiles. Rien à leur reprocher. Alors bien sûr, au moment fatidique, tu hésites, tu joues un autre toi, trop de choses à dire, le cœur déborde et les mots s’emmêlent car tout a été trop longtemps inhibé, enfermé. L’envie prend le visage d’un tsunami vinaire. Naturellement, parce qu’il n’y a pas d’autre issue, se précipiter, bafouiller, ne pas se reconnaître, s’énerver, détester sa voix, attendre sans en avoir le temps que le mouvement s’inverse.

Tenter sans véritable succès l’apprivoisement de cet œil froid qui t’observe. Lui parler, d’abord d’un ton de présentateur vraiment très amateur puis, parce qu’il est impossible d’empêcher la passion de suinter, commencer à se retrouver, se relâcher avec le thème, laisser tant que possible le vin conduire le script, jouer avec les sens.

Ne nous emballons pas, rester globalement plutôt tétanisé par cet environnement glacial.

Tes soutiens sont présents, mais de l’autre côté du mur, en régie, là où on s’agite au milieu des boutons, guettant les écrans, craignant la faille, la chute, la nécessité de tout reprendre.

Penser à lui, au milieu du tumulte. Est-il fier ? Inquiet ?

Quitou, si tu veux t’en sortir, écoute le conseil de ton ami complice parisien, imagine que là-bas, à l’extrémité de ce robot mobile qui te met en boîte, c’est Angèle à qui tu parles, ton p’tit bouchon qui te sourit, ton ami qui suit tes efforts et gesticulations, l’évolution de ton projet, de là où il s’en est allé sans préavis.

Puis quelques montées de sève parfois, non printanières celles-là. M’énerve ce type, avec ses refrains répétés, bien que je sache qu’il est bon et que techniquement, on peut lui faire confiance.

Pourtant, à cet instant, le doute s’est infiltré…

Régie des studios Keywall

Régie des studios Keywall – © Quitou.com

Un monde virtuel, si éloigné du mien

Me laisserez-vous le temps, monsieur le réalisateur ? Le temps d’hésiter, de reprendre souffle lorsque le vin a parlé ? Le temps de laisser venir les mots ? Le temps d’apercevoir les visages amis envahir la fenêtre de l’objectif ? Le temps d’oublier votre voix métallique qui assène : « quatre, trois, deux, on respire, on sourit et on y va ? Le temps de prendre le temps, sans pression ?

Aucun coupage, tout d’une traite. J’enrage intimement, ce n’est pas ce qu’on m’avait dit. Le sol se dérobe mais faut y aller quand même et tenter de se convaincre, si possible, qu’il ne s’agit pas d’un combat. Ou alors, si c’en est un, qu’il ne s’exprime que vis-à-vis de soi.

Jamais eu le vertige dans mes montagnes mais là, au niveau de ce si beau studio, tout s’emballe et commence à frémir. Des fourmis dans la tête. Ma ligne verte.

On tourne, enfin… Pas mal mais c’est trop long, beaucoup trop long. La désillusion est grande. J’étais préparé mais pas à ça. C’est décidé, on reviendra dans quelques jours, le temps d’une taille sévère et d’un affinage du message. C’est ma vendange en vert, bien que cette couleur me sort de partout depuis peu.

Nous y sommes revenus, plus tard, autrement. La caméra a tourné, sans frémir, elle.

Et ce jour-là, allez savoir pourquoi, tout s’est un peu mieux imbriqué. Je n’étais ni meilleur ni moins bon ; j’étais fatigué. L’accès à une forme de relâchement était-il à ce prix?

En cette soirée du 3 décembre 2014, sur la route du retour après une après-midi de tournage qui avait défilé à une vitesse stratosphérique, dans le cocon vaporeux qui me tenait encore lieu de cerveau, ce qui peut sembler anodin pour beaucoup avait pris le visage d’une renaissance, d’une chrysalide. Je commençais à m’entendre avec la caméra. Restons calme, pas encore le grand amour mais tout de même, quelques symptômes encourageants. Disparition des regards suspicieux et possibilités d’apprivoisement respectif en perspective.

Ce jour-là, dans l’esprit des fêtes, j’avais abordé en parallèle deux visages du monde effervescent, le cava et le champagne.

Dans les studios de Keywall, nous avons réalisé ceci…

Dans les semaines qui ont suivi, mettre en contact le public avec nos vidéos dégustation. Écouter les retours le plus objectivement possible. Vendre nos packs découverte et voir les premiers deniers rentrer. Il était temps… La passion est nourricière mais elle ne remplit pas toujours notre assiette.

Puis imaginer la suite. En collectant un maximum de feed-back. Il y a tant encore à écrire et c’est bien comme ça. La semaine prochaine, je me tournerai vers nos perspectives, nos projets et parce qu’ils sont intacts, nos rêves d’élargissement en termes de partages et de découvertes autour du vin. Rêves à faire cohabiter avec la réalité financière qui contraint souvent les passionnés à faire preuve de sagesse.

Je saisis l’occasion pour vous remercier, vous tous qui avez, de près ou de loin, porté ce projet par vos encouragements et partages autour de vous. C’est avec vous que nous allons poursuivre, modéliser, certainement un peu différemment, mais sans détournement de notre objectif et de nos envies.

Pour tout ce temps passé cette année à aller à votre rencontre, aucun regret. Juste des envies d’encore.

Q.

 

Une idée de cadeau originale pour vos fêtes? Pour retrouver nos packs, encore en vente actuellement, c’est ici

champagne goulin_roualet

Un champagne sincère et extrêmement convivial

Champagne Goulin-Roualet – Cuvée Brut Sélection

 

Présentation

champagne goulin_roualet

© V. Roelandt

Le terroir de Sacy est reconnu pour sa faculté de souligner les qualités des cépages noirs et particulièrement du pinot meunier. Ce village est classé en 1er Cru à 90%.
Christophe Goulin a repris en 1990 le domaine familial géré par ses parents. Il exploite également des vignes sur le territoire de trois autres villages classés: Villedommange, Ecueil et le Mont Benoît à Villers-aux-Nœuds.

La cuvée Brut Sélection est le champagne traditionnel de la maison. Les vins de quatre années sont utilisés pour son assemblage qui met en présence pour moitié le cépage chardonnay et les raisins noirs (pinot noir et pinot meunier).

Dégustation

flute champagne

© V. Roelandt

Jolie robe jaune paille à reflets sable, de grand éclat.
Premier nez sur le pain grillé et les fruits compotés (pomme, poire). Subtile touche caramélisée évoquant la tarte tatin à l’aération. Un bouquet opulent et enveloppé, engageant par sa douceur d’expression.
Dès l’attaque, la vinosité de ce champagne de grande maturité s’impose sans retenue. Le registre des saveurs de fruits blancs bien mûrs envahit un milieu de bouche suave et dense, dont la rondeur se voit nuancée par une jolie acidité, apportant la tension nécessaire en finale. L’ensemble, savoureux et presque crémeux, conserve sa fraîcheur tout au long de la bouche mais sans aucune agressivité acidulée.

Accords gourmands

Si la rondeur de texture de cette cuvée lui permet d’être proposée à l’apéritif, la présence du chardonnay pour 50% laisse envisager de belles alliances à table.

  • En entrée, on peut le réserver aux huîtres chaudes (au champagne) mais aussi aux poissons gras (saumon froid en Bellevue). D’autres alliances sont possibles avec le foie gras en gelée, des Saint-Jacques poêlées et bien sûr, pour ceux qui en ont les moyens, du caviar.
  • En plat, on retrouve les fruits de mer (gratin d’écrevisses, queues de langoustines braisées) mais aussi les plats de poissons tels que le bar rôti au four, un filet de turbot sauce fine champagne ou un poisson en papillote).
  • Accords mets-vins champagneAu rayon des fromages, on s’oriente vers le maroilles, un camembert ou un chèvre frais. L’alliance avec le chaource est très harmonieuse.
  • En dessert, cap sur les glaces et sorbets mettant en présence les fruits blancs mais aussi sur une tarte tatin (aux poires et/ou aux pommes).

D’autres propositions d’accords vous attendent dans notre nouvelle rubrique Accords mets-vins !

Service

Le champagne se déguste frais mais non glacé. Un seau à demi rempli d’eau avec quelques glaçons est parfait. La température idéale est de 6-8°. Plus bas, la mousse sera réduite et les arômes bloqués.

Conservation

Si vous êtes amenés à devoir encaver cette bouteille, il est indispensable de la placer à l’abri de la lumière (le champagne est le vin le plus sensible à cet élément).

Vous coucherez vos bouteilles (pour éviter qu’elles ne « coulent », le bouchon doit être en contact avec le vin) et veillerez à ce que la température de conservation de la cave (ou du frigo à vins) reste fraîche (environ 12°).

Bonne dégustation !

Q.

– Lors du dernier voyage de Quitou Wine Travel en Champagne, nous avons visité la cave de Christophe Goulin. Pour le récit de ce périple, c’est ici

Dégustation de champagne chez Goulin-Roualet à Sacy

Quitou Wine Travel – Dégustation de champagne chez Goulin-Roualet à Sacy

 

bouteille champagne

Pour les fêtes, champagne ou crémant ? En savoir plus pour mieux choisir…

Fêtes et bulles, une légitime complicité…

Les entendez-vous? Du fond des crayères remonte progressivement le doux frémissement de millions de petites bulles… De Reims à Epernay (Montagne de Reims ), de Tours-sur-Marne à Château-Thierry (Vallée de la Marne ), de Cuis au Mont Aîmé (Côte des Blancs ), de Soulières à Villenauxe-la-Grande (Côte de Sézanne ), au sud de Troyes enfin (Côte des Bar ), une certaine frénésie envahit sans faiblir les caves champenoises. Partout, on s’agite pour répondre à une demande mondiale qui ne faiblit pas vraiment…

 cremant d'alsace

Les signes ne trompent pas. Les fêtes sont là, à portée de bouchon. Et l’éternelle question se pose à beaucoup d’entre nous, comme chaque année : qu’acheter, sans se ruiner, pour que l’effervescence soit de la partie et que notre quête de plaisir trouve une vraie réponse ? Un champagne à moins de 10 euros, comme le proposent actuellement plusieurs grandes enseignes ? C’est un choix, extrêmement discutable à mon sens.

Depuis toujours, la Champagne a su me séduire. Ce n’est pas sans raison que la région fut le théâtre d’une des premières expéditions de Quitou Wine Travel. J’y retrouve toujours avec passion et intérêt la diversité de production des multiples petits producteurs qui peuplent ses sous-régions et puis parfois, la noblesse et la profondeur de certaines cuvées issues des grandes maisons.

Quand j’ai le choix, c’est vers la pureté ciselée des grandes cuvées de blanc de blancs (100% chardonnay ) ou la souveraine vinosité des blancs de noirs (champagne blanc issu du pinot noir, du pinot meunier ou d’un assemblage des deux) que je m’oriente. Selon moi, le champagne est le vin de toutes les circonstances. Je l’ai testé à chaque moment de la journée, de l’aurore au crépuscule, avec ou sans raison affichée, seul ou accompagné, avant, pendant ou après les repas. C’est un magnifique produit, qui occupe une place à part dans toute la production viticole. Aucun autre vin ne peut réellement lui ressembler. Pour ceux qu’une petite excursion d’une demi-journée sur place n’effraie pas, il est possible d’en enrichir sa cave à des prix qui tordent le cou aux idées préconçues. De surcroît en rencontrant les producteurs.

Caves Pommery à Reims

Caves Pommery à Reims – Photo VR

La Champagne échapperait-elle à la crise?

Depuis quelques années, cette prestigieuse région s’est montrée moins touchée par le marasme ambiant qui caractérise l’ensemble de la filière viticole de l’Hexagone. Le contexte général plus que morose, favorisé par le manque de courage des gouvernements successifs et le puissant lobbying des adeptes du radicalisme hygiénique (l’ANPAA pour être précis – Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie), semble épargner la région. De plus, lorsque la consommation européenne s’essouffle, les marchés asiatiques ou de l’est prennent le relais. Rien à craindre donc, à première vue…

Pourtant, depuis peu, la Champagne me fait furieusement penser à la petite grenouille aveuglée par l’ambition, dont Jean de la Fontaine conte les mésaventures dans une célèbre fable. Cet homme de lettres né à Château-Thierry dans la vallée de la Marne (coïncidence ?), avait avec cette analyse à nouveau vu juste. A force de gonfler ses prix, ses rendements, sa zone de production et une certaine arrogance qui pourrait bien mettre son développement qualitatif en péril, la Champagne encourt le risque de faire exploser sa propre bulle… Béantes sont les portes qu’elle ouvre aujourd’hui à des alternatives qui méritent notre intérêt et le recul d’éventuels préjugés et lieux-communs. Et le consommateur de commencer à imaginer qu’un bon cremant pourrait rivaliser d’intérêt avec un champagne né dans des circonstances obscures…

La véritable naissance des crémants

L’histoire du vin mousseux (dont l’effervescence fut longtemps subie, avant d’être choisie puis maitrisée) remonte à plus de deux siècles. Avant la fin du 19ème siècle, chaque région française possédait sa version pétillante. On trouvait même des bulles dans les zones de Sauternes ou de Côte Rôtie ! Mais c’est seulement au cours des Seventies que les crémants se sont développés à un rythme soutenu, lorsque l’INAO (institut national des appellations d’origine) s’est enfin décidé à structurer une filière à l’image peu reluisante, sifflant la fin d’une récréation qui n’amusait plus personne, tant le désordre général causé par de trop faibles produits venus de presque partout était prédominant. En Espagne et au Portugal, il n’a pas fallu tout ce temps… Les cavas de la péninsule ibérique avaient déjà convaincu, sans faire de bruit, les amateurs de bulles de qualité, à prix doux.

crémant d'alsace

Photo vinsalsace.com

Par chez nous, c’est donc en ordre dispersé qu’ils sont d’abord apparus, ce qui a affaibli leur position. Puis, au milieu des années 70, tout a changé. La Bourgogne et la Loire tout d’abord (1975), l’Alsace ensuite (1976), Limoux et Bordeaux (1990), Die (1993) et enfin  le Jura (1995).  On annonce l’entrée dans le cercle de la Savoie. Toutes ces productions pétillantes se retrouvent ainsi autour d’une même dénomination, utilisable partout en Europe avec la mention de leur origine géographique, mais avec d’importantes contraintes de viticulture et de vinification, qui éloignent les candidats au plagiat. Nous sommes en présence de la seule appellation gérée conjointement par des régions différentes. Un défi qui a longtemps paru impossible à relever. Et pourtant…

Le Luxembourg (1991) et la Wallonie (soyons fiers, notre production est aujourd’hui reconnue, même en Champagne !) se retrouvent dans une catégorie parallèle, dont le nom barbare en ferait fuir plus d’un. Prenez votre souffle : « VMQPRD », qui signifie « Vins mousseux de qualité produits dans des régions délimitées ». Vous êtes encore là ? Vous avez du mérite. Tant mieux, nous allons parler vin.

bouteille sur pupitre

Vieillissement sur pupitres
Photo CR

Aujourd’hui, c’est à la rencontre de ces crémants que je vous invite, non pour nourrir les inutiles guerres fratricides, qui opposent des produits dont les objectifs se révèlent extrêmement différents, mais pour vous faire mieux connaître une production dont la présence à votre table de fête pourrait en réjouir plus d’un, à la seule condition que les buveurs d’étiquette n’honorent pas votre dîner festif de leurs commentaires envahissants.

Les crémants de qualité vaudraient-ils mieux qu’un champagne médiocre, indigne de son rang, aussi prestigieux soit-il ? Oui, je le crois vraiment. Faites connaissance avec ces bulles qui jadis, étaient légitimement considérées comme de pâles copies d’un noble produit et qui aujourd’hui, ont conquis une solide place sur le marché de l’effervescence.

Hors du champagne point de salut ?

C’est une image obsolète. Le mot « CREMANT », bien plus honorable que « mousseux », y a largement contribué. Mais ça ne s’arrête pas là.  D’abord, bien retenir ceci : en terme de vinification, rien ne distingue les deux appellations. Si la dénomination « méthode champenoise »  est interdite hors de la zone de Champagne, nous retrouvons l’expression « méthode traditionnelle » dans plusieurs appellations produisant des crémants. Quoi qu’en disent certains esprits chagrins ou revanchards, c’est la même méthode qui donne naissance aux deux produits. Seuls diffèrent les cépages (et encore, pas toujours), les sols, les caractéristiques du climat et parfois aussi les choix d’élevage. En Belgique par exemple, pour l’élaboration du CREMANT DE WALLONIE, sont autorisés les 3 grands cépages champenois (chardonnay, pinot noir et pinot meunier ), auxquels vient s’ajouter le pinot blanc. Au passage, je vous invite à découvrir, si ce n’est déjà fait, l’excellente cuvée « Ruffus » du vignoble des Agaises, le plus grand producteur de vin en Belgique.

Pinot noir à maturité en Champagne

Pinot noir à maturité en Champagne – Photo VR

Comment ne pas se réjouir de la présence de vins effervescents issus des pinots blanc et gris, du riesling, du chenin (qui prend magnifiquement la mousse), du sémillon, du mauzac, du savagnin ou de la clairette … ? Assembler différents cépages pour apporter de la complexité aux cuvées ? Réunir des vins de réserve de plusieurs millésimes au bénéfice d’une régularité de production similaire à celle que visent les grandes maisons champenoises ? Millésimer certaines cuvées ? Et pourquoi pas, n’en déplaise aux frileux… Tout est ouvert pour nos crémants. Leurs producteurs se posent les mêmes questions que leurs illustres confrères : « Faut-il respecter les humeurs du millésime et considérer le crémant comme un vrai vin, habillé de bulles, mais dépendant des caprices du temps et des nuances du sol ? Peut-on accepter une certaine irrégularité d’une année à l’autre ou au contraire, est-il préférable de rechercher une production régulière par le biais des assemblages ? » Le débat n’est pas tranché. Il fait rage dans certains milieux.

Domaine Barmès Buecher - Crémant d'Alsace

Mon opinion est celle-ci. Je vous la soumets non pour convaincre mais pour alimenter votre propre réflexion. Quand François Barmès, à Wettolsheim en Alsace,  élabore son splendide crémant brut millésimé 2010 « zéro dosage », quand Clément Klur, à Katzenthal donne naissance à son remarquable « crémant de Clément », quand Stéphane Tissot, à Montigny-les-Arsures dans le Jura, va jusqu’à travailler l’oxydation du chardonnay pour son « Extra-Brut », pensez-vous vraiment qu’ils imaginent un seul instant reproduire un jour le même vin ? Croyez-vous qu’ils ambitionnent de concurrencer le champagne ? Je suis convaincu que non. Ils éprouvent bien trop de respect pour ce que leur propre terroir peut offrir. Et la dégustation de leurs cuvées inspire à ceux qui les goûtent une question prioritaire: « Que nous réservent ces vignerons si talentueux pour leur production de bulles de l’année suivante ?»

Sur les coteaux abrités par les Vosges comme sur les collines de tuffeau de Touraine, sur les pentes bourguignonnes ou les « reculées » du Revermont jurassien, il se trouvera toujours un vigneron qui saura vous expliquer que le cremant est un vin à part entière, qu’il mérite les mêmes égards que ses voisins « tranquilles ». Et il aura raison. Dans ces mêmes lieux, d’autres veilleront à occulter le fait qu’ils réservent les raisins peu mûrs des années froides à leurs vins effervescents. Comme toujours, la vérité restera dans le verre. Elle traduira les véritables ambitions du vigneron, le soin qu’il aura mis à rechercher une mousse crémeuse et aérienne à la fois, le temps qu’il aura accordé au vieillissement sur lattes, l’envie qu’il aura manifesté à accorder une vraie place au caractère effervescent de son terroir.

Crémant et Champagne, frères ennemis ?

champagne promo fêtesC’est le prix de certaines cuvées de champagne, très largement revu à la baisse ces dernières années, particulièrement au moment des fêtes, qui a relancé le débat. Admettons-le, certaines annonces laissent rêveur…

Quand on déduit des 8 à 10€ demandés par la grande distribution pour leur cuvée champenoise d’appel (en terme d’appel, il s’agit surtout de nous inciter à acheter beaucoup d’autres produits, une fois pris dans la nasse des rayons), le prix de la bouteille (forcément plus épaisse qu’une autre), du bouchon, de l’habillage (plus complexe) et du kilo de raisin (entre 5€ et 5,50€ le kilo – il en faut environ 1.2kg pour produire une bouteille de 75cl et 1.5kg pour une cuvée monocépage), que reste-t-il réellement ? Songeons-nous suffisamment à ceux qui en amont, inévitablement, sont les victimes de cette haute voltige financière à basse altitude morale ?

Dès lors, peut-on considérer les crémants à 9€ plus sains qu’un champagne du même prix ? Je pense que oui. L’un est à son niveau de prix, l’autre est une énigme mathématique, dont la solution ne peut se trouver qu’en eaux troubles, effervescentes aussi celles-là, lorsqu’on visite les coulisses de la scène.

La politique commerciale agressive de certaines enseignes en France laisse pantois. De grandes frustrations naissent chez les consommateurs, au moment où ils découvrent que ces offres alléchantes ne sont pas soutenues par des stocks suffisants. Quelques offres de 2013: Le Vranken 1er cru à 7.78€ chez Carrefour Market, le champagne De Castellane à 9.66€ chez Intermarché ou le champagne Martel à 8.45€ chez Leclerc illustrent parfaitement ce constat mais l’essentiel est assuré car les clients, malgré leur éventuelle déception, sont dans les rayons… Chez nous, ce sont avant tout les bouteilles « bas de gamme » issues de marques souvent totalement inconnues, parfois créées pour l’occasion, qui font l’objet de telles offres.

Le champagne, ce vin « civilisateur » (Talleyrand), est souvent imité, mais jamais surpassé lorsqu’il est bien né. La plus grande erreur que pourraient commettre les producteurs de crémants serait de croire à une possible confusion, de rechercher une hypothétique et aléatoire confrontation. Ceci n’enlève rien aux qualités intrinsèques des bulles bourguignonnes, jurassiennes, alsaciennes, ligériennes ou autres…

champagne promo fêtes

Brader les prix et bien choisir son nom…

A tous ceux qui ne souhaitent (ou ne peuvent) accorder plus d’une dizaine d’euros à la bouteille pour leurs bulles de fin d’année,  je conseille simplement d’éviter les tristes produits champenois bradés ces jours-ci dans les rayons lumineux et surchauffés (ils détestent ça) et de choisir de beaux crémants.

Savez-vous que les vins effervescents, quelle que soit leur origine, supportent difficilement une exposition de deux ou trois jours à la lumière des néons? Des dégustations comparatives ont démontré l’effet néfaste de tels traitements. Bien sûr, certains rétorquent que la rotation est importante dans les rayons de la grande distribution pendant les fêtes de fin d’année. Pour autant, sommes-nous assurés que certaines enseignes n’écoulent pas à ce moment des vins stockés depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, dans des conditions non vérifiables?

Pour se faire aider dans ce choix, il est une option bien plus rassurante. Pourquoi ne pas pousser la porte du caviste le plus proche de chez vous ? C’est là que l’acte d’achat de vos bulles se révèlera le plus judicieux et que vos réveillons poseront les premières fondations de leur réussite. Le vin est rassembleur. Le bon vin l’est encore davantage. Dans ces lieux-là, on en rencontre plus qu’ailleurs. Les cavistes seront vos partenaires privilégiés pour préparer vos agapes. Et le prix de certaines cuvées de Champagne qui y sont proposées pourrait aussi vous surprendre positivement.

Bouchons Champagne

Photo VR

Le mot de la fin (provisoire) aurait pu revenir à Sir Winston Churchill, qui considérait le champagne comme « nécessaire en temps de défaite et obligatoire en temps de victoire ». J’éprouve un grand plaisir à le laisser à Madame Lily Bollinger, illustre personnage qui a marqué l’histoire de la Champagne, auteur de cette citation devenue célèbre, délicieusement teintée d’humour britannique. A propos du champagne : « J’en bois quand je suis heureuse et quand je suis triste. Parfois j’en bois quand je suis seule. Si j’ai de la compagnie, j’estime que c’est mon devoir. Si je n’ai pas faim, je joue avec et j’en bois quand je suis affamée. Sinon, je n’y touche jamais… sauf si j’ai soif. »

J’adore, et vous ?

Pétillantes fêtes à tous !

Q.

 

Les domaines viticoles mis (méritoirement) à l’honneur par ce billet: Crémant d'Alsace

– le domaine Barmès-Buecher à Wettolsheim en Alsace.

– le vignoble Klur à Katzenthal en Alsace.

– le domaine André et Mireille Tissot à Montigny-les-Arsures dans le Jura.

– le domaines des Agaises à Haulchin en Belgique.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Bouteilles de champagne dans les galeries des caves Pommery à Reims

Pérégrinations en Champagne pour « Quitou Wine Travel »…

Pérégrinations en Champagne pour « Quitou Wine Travel »… Notre deuxième voyage.

Troisième fermentation pour les bulles de Champagne ? Non, un voyage de passionnés, mais quelle expédition, à nouveau…

Tout a commencé il y a quelques jours par une annonce presque anodine, vers 7h15 du matin. « Que ceux qui se sentent effrayés par quelques bulles au petit déjeuner lèvent le doigt… ». Pour toute réponse, et sans prendre la peine de feindre l’hésitation, les 35 acteurs de la scène champenoise « Quitou » ne lèvent rien d’autre que leur verre, un geste qui sera répété quelques fois au cours de cette incursion en Montagne de Reims. Le week-end est sur les rails et les dégorgements successifs s’annoncent dans l’unique voie que nous allons emprunter : celle du plaisir et de la découverte effervescente, mais dans le partage.

Bouteilles de champagne

Continue reading

Comment bien préparer notre "Joyeuse Entrée" en Bourgogne - Crémant de paul Chollet - Copyright Quitou

Quitou Wine Travel (2) : Champagne – L’effervescence approche

Quitou Wine Travel (2) : Champagne – L’effervescence approche

Après l’inoubliable expérience vécue en Bourgogne au printemps dernier avec un groupe de passionnés, le plus difficile n’était pas de décider si une autre expédition devait être mise sur pied mais plutôt d’en choisir la destination…

Notre car, dans les Hautes Côtes de Beaune -  Copyright Quitou

Le car de Quitou Wine Travel, en Hautes Côtes de Beaune                                                    Photo – VR

Continue reading

Notre car, dans les Hautes Côtes de Beaune - Copyright Quitouu Champagne Côte des Blancs

Champagne – Côte des Blancs : le Fleuron de l’élégance…

<H2>Champagne</H2>- <H2>Côte des Blancs</H2>

Les flacons sont prêts… © Véronique Roelandt

Champagne – Côte des Blancs : le Fleuron de l’élégance…

Chaque année, vers la mi-novembre, le pétillement des bulles champenoises me rappelle que la période des fêtes se rapproche à grands pas. Au programme des prochaines semaines, un dossier de dégustation de près de 150 cuvées du magnifique terroir de la Côte des Blancs… Quand travail et plaisir ne font plus qu’un, au son cristallin des flûtes…

Continue reading