Barrique du Château de Fosse-Sèche

Vagabondages ligériens (5) – Le château de Fosse-Sèche des frères Pire, en Saumurois

Une île, entre le ciel et l’eau…

Bords de la Vienne à l'Ile Bouchard

Depuis la terrasse de l’Auberge de l’Ile à l’Ile Bouchard – Bords de Vienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une petite route nous sépare de l’Ile Bouchard, où s’est implantée une adresse gourmande tourangelle bien connue, l’Auberge de l’Île dont le chef de cuisine, Pierre Koniecko ne manque ni de talent ni de créativité.

La soirée sera paisible sur les bords de la Vienne, où la douceur du crépuscule rejoint nos rangs dès l’apéritif sur la terrasse, face à l’eau. C’est le moment choisi pour qu’apparaissent de délicieuses petites violettes de Chinon apportées par Franck. Croquer ou suçoter ? Toutes les techniques sont bonnes. L’apéritif en revanche est déclaré trop sucré. Ce kirr « chargé » ne rejoint pas les papilles de nos épicuriens.

Touraine Azay-le-Rideau 2013 de Pascal Pibaleau

Touraine Azay-le-Rideau – Pascal Pibaleau

Nous ne nous sommes pas trompés. Du verre à l’assiette, cet établissement remplit parfaitement la mission que tout restaurant devrait poursuivre : faire plaisir aux clients par l’accueil, le service, la qualité de l’assiette, le choix des vins. La compagnie est belle, les échanges nourris, les sourires généreux et le service discret et vraiment aimable. Ça et là, des moments d’intimité et de confidences s’installent. Mes compagnons de table de la soirée peuvent en témoigner.

Le Touraine Azay-le-Rideau de Pascal Pibaleau se montre franc et expressif, tendu, floral et subtilement minéral mais sans excès, parfait complice des scampis aux échalotes et émulsion de curry. Le croustillant de ris de veau et rognons en sauce moutardée fait le bonheur des papilles de beaucoup d’entre nous, y compris les plus réticents à ce type de plat… Le chinon d’Eric Hérault lui tient tête et compagnie à la fois. Puis c’est au tour du Saumur-Champigny du Château de Villeneuve d’imposer sa chair pulpeuse, se frottant à un succulent magret.

Scampis aux légumes confits en émulsion de curry

Scampis aux légumes confits en émulsion de curry

Au programme du lendemain, jour de notre retour à Bruxelles, la forteresse royale de Chinon et en appellation Saumur, un château-pigeonnier de Fosse-Sèche certes moins imposant, mais qui annonce une visite hors normes. Du moins selon nos prévisions…

La forteresse royale de Chinon

Entrée de la forteresse royale de chinon

Entrée de la Forteresse royale de Chinon

Au matin de ce dernier jour, le groupe évolue à un rythme lent vers le château. Les stigmates des deux précédentes journées semblent cette fois apparaître, personne ne se doutant à ce moment de ce qui nous attend pour la dernière étape de notre voyage.

Chinon, la belle, occupée dès le 7ème siècle avant J.-C., bâtie sur plusieurs niveaux entre la Vienne et le coteau calcaire sur lequel est édifiée la forteresse, offre encore dans nombre de ses ruelles une atmosphère médiévale.

Sa croissance urbaine s’est amplifiée au Moyen-Age, lorsque Henri II Plantagenêt devenu roi d’Angleterre en 1154 fait du château une de ses résidences préférées. L’étape suivante sur la route de la notoriété aura pour théâtre la Guerre de Cent Ans, qui verra le dauphin, futur Charles VII, y faire des séjours prolongés.

C’est également là qu’en 1429, Jeanne d’Arc viendra le reconnaître. De nombreux hauts faits de l’histoire de France s’y sont déroulés, rendant la visite de la forteresse incontournable. L’histoire du pays se lit dans chacune des parties du château.

Chinon, depuis les remparts de la forteresse royale

Chinon, depuis les remparts de la forteresse royale

Dans les petites rues de la cité chinonaise, nous passons devant la maison de Rabelais pour rejoindre la rue Voltaire, axe principal de la ville, où se trouve le musée du Vin et de la Tonnellerie mais aussi l’impasse qui mène aux illustres « Caves Painctes » célébrées par le père de Gargantua.

forteresse royale de chinonVisiter la forteresse rénovée, perchée sur l’éperon rocheux qui surplombe la vallée de la Vienne, c’est partir sur les traces du Roi Arthur et de Richard Cœur de Lion, mais aussi sur celles des Templiers, omniprésents et sur les pas d’Aliénor d’Aquitaine, de la dynastie des Plantagenêt, de Jeanne d’Arc, Charles VII et Marie d’Anjou… Tout ici favorise un plongeon historique majeur dans la destinée de l’histoire de France. Et lorsque les innombrables marches des différentes tours ont raison de nos jambes, il suffit de se pencher pour profiter d’une vue époustouflante sur la ville, la rivière et l’ensemble de la vallée.

En se retournant vers le coteau, la vigne est là, représentée par une célèbre maison du vignoble de Chinon, à laquelle je préfère, et de loin, la production de plusieurs « petits propriétaires » de l’appellation. Il y a dans ce terroir une mouvance de jeunes vignerons qu’il faut avoir à l’œil, tant ce qu’ils démontrent aujourd’hui est signe de talent et porteur de promesses.

De l’Auberge de l’Ile à l’Auberge des Isles

Auberge des Isles - Montreuil-Bellay

© Quitou.com

A l’allure que le wine-car peut encore soutenir, nous évoluons vers une autre cité médiévale, charmante mais plus discrète, Montreuil-Bellay, où se niche l’Auberge des Isles, ancienne bâtisse du XVème siècle entièrement restaurée. C’est là, sur les bords du Thouet, au pied du bourg de Montreuil-Bellay, que nous allons retrouver les deux frères, Adrien et Guillaume Pire, propriétaires et gestionnaires du château de Fosse-Sèche, notre prochaine visite vigneronne.

Guillaume Pire

Guillaume Pire – © Quitou.com

Pendant que le groupe se sustente, Guillaume apparaît, conquérant dès l’ouverture. Son frère est là, juste en retrait, présentant un sourire discret et compréhensif aux quelques regards interrogateurs que déclenchent les premiers propos de Guillaume. L’homme semble par son discours construire un lego en forme de forteresse imprenable. Une citadelle de Vauban face à l’océan d’incompréhensions qui l’entoure. Tout ou presque y passe et sans s’encombrer de nuances… Les dérives de l’INAO, le laxisme des responsables de l’appellation, les pratiques de viticulture peu reluisantes de nombreux collègues, les jurys de concours non fiables voire acquis à la cause de quelques-uns, … La pulvérisation arrose plusieurs rangs à la fois.

Premier signe qu’il ne s’est pas totalement isolé de son milieu, l’enthousiasme avec lequel il présente un vin ami d’un domaine que j’apprécie particulièrement, L’Aiglerie 2013 du Domaine Le Clos de L’Elu de Thomas Carsin à Saint-Aubin-de-Luigné.

Une question me taraude. Comment cet homme évolue-t-il au sein même de sa région, de son terroir ? La qualité de ses vins suffit-elle pour placer en retrait aux yeux de ses congénères ses excès de jugements, fondés ou non ?

Voici ce qu’un ami a dit de lui, avec la bienveillance permise par le recul : «… tentant de le détester pour le manque de nuances de ses affirmations, je n’y suis jamais vraiment parvenu… »

Beaucoup se demandent où ils sont tombés. Pourtant, pour les plus attentifs, quelques signes témoignent de la présence de l’une ou l’autre faille dans la muraille affichée par le panzer. Car notre tribun du jour est un tendre. Et contre ça, toute sa panoplie d’effets de langage et de gestuelle ne peut rien faire. Le décor est planté, plutôt austère mais déjà, parce que mes ouailles ont de la bouteille, beaucoup ont maintenant hâte d’entendre l’homme sur ses terres et dans ses chais. C’est dans cet ordre que nous ferons la visite, avant de découvrir par la dégustation la gamme du Château de Fosse-Sèche.

Sur les terres de Fosse-Sèche

vignoble du château de Fosse-Sèche

Vignoble du château de Fosse-Sèche – © Quitou.com

A peine arrivés, une légère bruine nous rafraîchit, puis commence à sérieusement humidifier l’atmosphère. Guillaume n’en a cure, semble ignorer l’ondée et nous montre la direction à suivre. Droit vers les vignes. Adrien, qui gère le travail dans le vignoble, pourrait aussi nous en raconter sur le sujet. Mais son jumeau aime trop monter au front. Et peut-être que ça arrange un peu Adrien… Allez savoir et finalement, peu importe, chacun étant à la place qu’il souhaite occuper dans cette belle histoire de famille.

Présentation de la propriété. Le Château de Fosse-Sèche, fondé par les moines entre 800 et 1000 après J.-C, compte aujourd’hui 45 hectares de vignes dont 5 ha de forêts. Plusieurs parcelles de luzerne bio sont destinées au fourrage, d’autres voient leurs vignes arrachées pour laisser reposer la terre. Les regards incrédules se multiplient mais la réalié est bien là, implacable. Le domaine semble être en biodynamie complète.

Cette fois, Guillaume est davantage dans son élément. A l’image de plusieurs de ses vins qui appellent la patine du temps, il s’adoucit au fil de son discours, se recentre sur ce qui est porteur, son essentiel, et excelle lorsqu’il parle des terres de Fosse-Sèche et du traitement qu’Adrien et lui ont décidé de leur réserver. Depuis 2012, ils ont repris intégralement les rênes du domaine.

Bien sûr, les phrases sont encore assénées plus que murmurées mais elles prennent tout leur sens. « Être interventionniste, c’est lisser l’effet du terroir », « Exploiter une terre, c’est l’appauvrir, cultiver, c’est l’enrichir ».

vignoble du château de Fosse-Sèche

Vignoble du château de Fosse-Sèche – © Quitou.com

Tout s’emballe. Le domaine est classé en refuge LPO (Ligue de Protection des oiseaux). Ici, on travaille avec les batraciens et les chauves-souris, on sème des fleurs pour favoriser les insectes, la pollinisation. Plusieurs hectares de jachères polliniques sont entretenus. Pour isoler les toitures, le chanvre est choisi. C’est la reconstitution d’un écosystème complet qui est visée.

Un chiffre m’interpelle. Deux tiers des surfaces de la propriété sont consacrés à la biodiversité. Le reste des terres peut accueillir des vignes.

Aux auditeurs quelque peu sonnés par la déferlante d’informations, Guillaume donne ce qu’il pense être le coup de grâce. C’est mal nous connaître. Cette fois, nous l’écoutons avec indulgence et une certaine admiration devant le mélange de candeur rêveuse et de saine ambition au service de sa terre qu’il démontre en expliquant le plus sérieusement du monde qu’il pense pouvoir changer le climat sur sa propriété.

Un silence poli s’est installé dans les rangs. Le voilà relancé… Fosse-Sèche est sur une croupe ; une légère brise y souffle en permanence. Il compte y planter des arbres, beaucoup d’arbres, à densité réduite cependant, pour y créer un effet de ventilateur et permettre au vent qui s’attarde sur place de sécher plus rapidement les feuilles et donc de diminuer les risques de mildiou. A cet instant, son discours me fait penser à un écrit de Jean Giono qui avait marqué ma mémoire d’enfant. L’homme qui plantait des arbres…

« Je n’ai rien à perdre », nous glisse-t-il, le sourire aux lèvres, soudain moins conquérant. Il ne s’en rend pas encore compte, bien trop occupé à suivre le fil de son avancée, mais il s’est rendu vraiment très sympathique par cette première incertitude avouée.

Sur les terres de Fosse-Sèche

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Nous plongeons avec lui dans un couloir qui pénètre la terre où est implanté le vignoble. La vie est partout, animale, végétale, et surtout minérale … Nous retrouvons des signes équivalents à ceux des rangs de Xavier Amirault.

Et puis cette coupe transversale de sol qui apparaît, ne laissant planer aucun doute sur la richesse des entrailles de cette terre. Une richesse originale pour une région traditionnellement calcaire puisqu’on retrouve des pierres de silex partiellement dégradées et de l’oxyde de fer.

Des cailloux passent de main en main. « Que chacun reparte avec un élément minéral ! » nous assène-t-il. Le centurion est à nouveau parmi nous. Les légionnaires du jour s’exécutent de bonne grâce, conscients de participer modestement à l’entretien de la tranchée géologique.

Sol du vignoble de Fosse-Sèche

Sol du vignoble de Fosse-Sèche – © Quitou.com

Il est insatiable, lancé comme un TGV sans contrainte d’arrêt, emporté par sa passion du récit. Il voudrait tant être compris, rejoint dans la puissance de ses convictions. Guillaume Pire est jeune mais fortement attachant. Nous nous surprenons à lui passer ses excès de langage, phrases peu amènes adressées à ceux qui ne comprennent rien et autres envolées lyriques parfois un peu éloignées des réalités ou manquant de recul. Nous le comprendrons peu après, il est à l’image de ses vins, fougueux et rectiligne.

Le tourbillon se calme enfin… Non pas qu’il soit fatigué. Simplement, il commence à tenter de mesurer l’impact de ses paroles sur son auditoire. Au hasard des conversations surprises sur le chemin du retour vers les chais, je reprends une phrase : « On verra, la vérité est et reste dans le verre ». Je feins de ne pas avoir entendu, connaissant trop bien la réponse pour avoir goûté à maintes reprises les cuvées du Château de Fosse-Sèche.

Cuves béton ovoïdes du château de Fosse-Sèche

Cuves béton ovoïdes du château de Fosse-Sèche – © Quitou.com

chai à barriques - château de Fosse-Sèche

Chai à barriques du Château de Fosse-Sèche – © Quitou.com

Avant de remplir les verres, une dernière étape en sous-sol s’impose.  Dans la cave d’élevage se côtoient cuves ovoïdes en béton d’argile de 16 hectolitres de contenance et barriques de chêne. Les oeufs… Un choix posé pour respecter la pureté du fruit et limiter les interventions. En fait, permettre aux efforts produits en amont de l’arrivée au chai de trouver leur prolongement en cuve. Guillaume prend le temps d’argumenter les choix de la propriété.

Nous pouvons cette fois entrer en connexion avec les cuvées de la gamme. Aucune fébrilité au sein des troupes mais je décèle une très grande envie.

degustation au chateau de fosse seche

Dégustation au château de Fosse-Sèche – © Quitou.com

La dégustation

saumur arcane chateau fosse seche

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Saumur blanc « Arcane » 2013.

Ce 100% chenin vinifié en sec n’a pas vu le bois. Un festival aromatique au nez : poire, fleurs des champs, amande, tilleul. La bouche est compacte. Elle trouve son équilibre entre gras et fraîcheur (attaque sur les agrumes puis coing, miel et abricot). En finale, retour dans les champs (foin, fleurs sauvages). La personnalité de ce vin ne peut laisser indifférent. Les débats s’engagent ; Arcane a pris possession de l’espace et suscite avis et engagements. Silencieusement, j’observe les mouvements de troupes avec délectation.

Saumur rouge « Eolithe » 2012.

saumur eolithe chateau fosse seche

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Issu d’un rendement angélique de 17 hl/ha, ce quasi-mono cépage (5% de cabernet sauvignon) a été élevé 27 mois sur lies. Au nez, je retrouve la réglisse, le poivre de Sichuan et une pointe de goudron. Un cabernet franc presque livré à lui-même, à l’état sauvage. L’attaque est gourmande, croquante et tramée, donnant une lecture assez sensuelle du terroir. On y apprécie les saveurs de noyau de cerise. Le milieu de bouche, encore quelque peu dissocié, témoigne de la jeunesse de ce vin. En finale, c’est la fraîcheur et un joli grain de tanins qui l’emportent. A encaver.

Saumur rouge « Eolithe » 2008.

saumur eolithe chateau de fosse seche

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Lorsque les mots me manquent pour décrire un vin, c’est le signe que les forces intrinsèques de la cuvée dominent l’exercice de langage. Je m’en réjouis toujours. En quelque sorte, on se surprend à apprécier l’hésitation, le bafouillage, la quête sans ligne d’arrivée. C’est ce qui m’est arrivé avec cet « Eolithe » 2008, à vrai dire plutôt stratosphérique. La propriété renseigne une dizaine d’années de potentiel de garde. Je vais plus loin tant le fil aiguisé de la lame qui porte ce cru est encore saillant. Profondeur de fruit et gourmandise de tanins sensuels, je ne saurai en dire plus. A goûter absolument. A suivre de près aussi, pour observer aussi longtemps que possible son chemin de vie.

L’heure avance. Notre retour prévu dans la capitale avant minuit appartient déjà à une vision de l’esprit totalement obsolète. Personne ne s’en soucie, Guillaume et Adrien encore moins que les autres et malgré mes mises en garde, l’option collégiale est prise de vivre l’expérience jusqu’au bout… Le débarquement nocturne sera donc inévitable.

Saumur Puy-Notre-Dame rouge « Réserve du Pigeonnier » 2010.

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Les vieilles de cabernet franc de plus de 50 ans ont donné naissance à ce vin élevé sur lies en cuves ovoïdes pendant 33 mois. Le résultat se traduit par une bouche fougueuse et énergique, très serrée (rendements de 12 hl/ha), associant à ce stade réglisse, prune, graphite et épices. Un vin de garde, assurément, encore non dompté, bâti pour affronter l’avenir avec sérénité car porteur d’une structure qu’il ne doit qu’à la maturité de son grain et à l’ambition affichée par la vinification. Ossature très large en finale.

Vin de France « Tris de la Chapelle » 2011. L’idée, insolite, est de produire un vin blanc sec à partir d’un chenin botrytisé. Vendangé en novembre, le raisin issu de rendements inférieurs à 10 hl/ha a filé dans les œufs, sans ajout de soufre… pendant 3 ans. Après 2 années (et oui !) de fermentation alcoolique, les levures, épuisées, mettent un terme à leur travail. Quelques irréductibles sucres résiduels (moins de 10g/l) subsistent mais qu’importe… Figues mûres, sucre candi, tarte aux mirabelles caramélisées ou tatin, c’est selon… Une expérience unique de dégustation, dont les membres du groupe profitent jusqu’à la dernière goutte, conscients de la rareté du moment, même si elle a un prix.

il etait une fois vin mousseux chateau de fosse seche

© Quitou.com

Nous devons partir. Stoppé net dans ma phrase de rabat-joie de service par Guillaume qui cette fois, sollicite un avis de dégustateur sur ses cuvées, et par les regards réprobateurs de mes sbires, je m’exécute de bonne grâce pour les commentaires de dégustation et me range à l’avis collectif qu’il serait dans ces conditions assez malvenu de prendre l’horaire de retour en compte, d’autant plus que deux nouvelles menaces sont brandies dans la foulée: « Il était une fois », un vin mousseux brut nature et si les troupes donnent leur feu vert, « De But en Blanc », un chenin totalement botrytisé récolté à 4-5 hl/ha qui d’ordinaire, ne se goûte pas. La messe est dite, nous boirons le nectar jusqu’à la lie.

il etait une fois brut nature fosse seche

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Vin mousseux « Il était une fois »

Il s’agit d’un brut nature 100% chenin élevé en méthode ancestrale pendant 54 mois, sans aucun ajout de sucre. Je ne suis pas totalement convaincu, appréciant pourtant les brut zéro, car cherchant dans ce vin la droiture que j’apprécie dans ce type de cuvée, je peine à la trouver et ne cerne pas non plus le caractère effilé et aérien attendu. Mais autour de moi, les avis divergent et on s’emballe. Cette cuvée fait débat. Nous savons que lorsqu’un vin fait parler de lui, suscite les prises de position, c’est qu’il a une histoire à raconter, que chacun s’approprie à sa guise. Dès lors, bien qu’il ne rejoigne pas vraiment mes attentes, je le considère comme un cadeau car déclencheur d’échanges animés.

de but en blanc chateau de fosse seche

© Quitou.com

Dernière salve de Guillaume et Adrien, « De But en Blanc » 2011, un Vin de France aux rendements ridicules (15 pieds pour une bouteille), offert par des vignes de jeune chenin intégralement botrytisé, dont le jus a fermenté en barriques et été élevé sur lies sans soufre et sans ouillage pendant 36 mois. Au décompte final, 200g/l de sucres résiduels, pour une décoction de raisin de Corinthe, miel, coin en gelée et cassonade. Finale interminable sur l’abricot confit et la pâte d’amandes.

Le voyage a été fort. Adrien est réapparu pendant la dégustation, glissant délicatement un mot ou l’autre dans l’espace laissé vacant par son frère, et si les troupes sont aux anges, au-delà de ce moment marquant pour les esprits, c’est avant tout parce que nos jumeaux cette fois adoptés par tous ont su ouvrir, chacun à sa manière, les portes de ce qui les anime : la passion pour un terroir et son environnement, prolongée culturellement dans le verre.

Les commandes, c’est un détail, sauf pour l’horaire qui a cette fois fait complètement naufrage et pour les cartes de crédit qui se cachent dans les portefeuilles.

C’est dans l’agréable torpeur d’un wine-car encore davantage alourdi mais silencieux que nous prenons la route du retour. Sur les sièges avant, nous nous remettons tant bien que mal du choc émotionnel de ce périple. Les visages marqués par la fatigue ne peuvent cacher le plaisir ressenti. Je peux m’apaiser. Enfin.

A Paris, nous laissons l’un d’entre nous, qui appartient dorénavant au cœur en fusion du groupe. Dans l’ombre, un caillou passe l’air de rien d’une main à l’autre, et nous poursuivons notre route jusqu’au parking qui nous verra débarquer, avec caisses et bagages, au milieu de la nuit.

Entre-temps, d’autres destinations ont déjà émergé dans mes projections.

J’aimerais les emmener cette fois autour des vaisseaux pétrifiés que sont les roches de Solutré et Vergisson, là où le Mâconnais offre de si belles alternatives au prestigieux chardonnay de la Côte de Beaune. Puis nous nous laisserions glisser sans effort vers les premiers crus du Beaujolais en venant du nord, Saint-Amour, Juliénas, Chénas et Moulin-à-Vent.

Soif de découvertes, de rencontres, de partages, d’accolades, d’amitiés. Soif de voyages hédonistes. Soif de vignes et d’échanges avec ceux qui ne font pas que nous faire rêver, les vignerons.

Soif de vin et soif de vie, mais ensemble.

Q.

  • Si vous passez par là-bas, arrêtez-vous à l’Auberge de l’Ile de Pierre Koniecko
  • Sur les hauteurs de Chinon, ne manquez pas la visite de la Forteresse Royale.
  • Partez à la rencontre du château de Fosse-Sèche… C’est un endroit qui se visite plus qu’il ne se raconte.
  • Pour en savoir plus sur notre prochain voyage, au printemps 2016, c’est ici...
  • Quitou Wine Travel en Loire - Mai 2015

    Quitou Wine Travel en Loire – Mai 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Loire à Langeais

Vagabondages ligériens entre amis (3)

 

Hôtel Le Plantagenêt - Chinon - © touraineloirevalley.com

Hôtel Le Plantagenêt – Chinon – © touraineloirevalley.com

C’est ce qu’on appelle un « plantage »…

Porter le nom de « Plantagenêt » n’est pas un choix anodin, surtout aux confins de la Touraine et de l’Anjou. Henri II, investi du trône d’Angleterre en 1154, avait réussi en une décennie à réunir sous son autorité les duchés de Normandie et d’Aquitaine, les comtés d’Anjou, du Maine et du Poitou et bien sûr le royaume d’Angleterre. Son corps, ainsi que celui de son fils Richard Cœur de Lion, repose encore dans la merveilleuse et toute proche abbaye de Fontevraud. C’est dire si le personnage et la dynastie à laquelle il appartient sont célèbres dans la région.

Est-ce parce qu’il est décédé à Chinon qu’un hôtel de la cité de Rabelais a décidé par son identité de lui rendre hommage ? On peut l’imaginer. Toujours est-il que la seule fausse note de notre week-end se tramera là, au sein des murs de cet établissement, qualifié par ses propriétaires « de charme », et dont une grande partie des installations se montre indigne du rang affiché. Présenter sous une même enseigne trois bâtiments en prenant soin de ne montrer sur le site que les quelques chambres les plus attractives de l’un d’entre eux s’apparente à une forme d’escroquerie. Certains de nos membres en ont été victimes, malgré toutes les énergies déployées pour lutter contre la sinistre manœuvre qui consiste à placer les dindons de la farce (nous) devant le fait accompli.

De charme, il n’a jamais été question dans cet hôtel. Soyons clairs, de nombreuses chambres d’une partie du bâtiment présentent le visage d’un Appart-Hotel fané par le temps et d’autres ont une superficie et un équipement dignes des plus rudimentaires chambres de bonne des greniers d’autrefois. Avec le recul, je réalise ne devoir qu’à l’inaltérable bonne humeur du groupe et à la recherche fébrile de solutions pour le plus grand nombre possible de victimes de ne pas avoir été pendu haut et court ou plutôt brûlé vif sur la place Jeanne d’Arc de Chinon. Dont acte, cet établissement est à éviter, du moins tant que sa rénovation (en cours selon les propriétaires) n’est pas achevée. Tout au plus puis-je conseiller les chambres de la maison bourgeoise du 19ème siècle mais elles sont peu nombreuses.

Au Chapeau Rouge

Restaurant Au Chapeau Rouge - Chinon

Restaurant Au Chapeau Rouge – Chinon

Décidés à faire fi de l’adversité, nous quittons en soirée et sans regrets nos chambres pour nous rendre à une adresse gourmande située au pied de l’impressionnante Forteresse Royale de Chinon : le restaurant « Au Chapeau Rouge », qui mettra du baume liquide et solide sur nos plaies.

Christophe Duguins - restaurant Au Chapeau Rouge à Chinon

Christophe Duguin – Au Chapeau Rouge – Chinon – © Quitou.com

La gastronomie tourangelle de Christophe Duguin et la gentillesse du service font honneur à la cité.

Les sourires apparaissent dès l’apéritif, excepté chez l’organisateur, qui éprouve les plus grandes peines à évacuer la désagréable amertume laissée par le coup du sort hôtelier dont il a été victime. Mes voisins font preuve de patience et empathie, ce qui m’apaise progressivement. La qualité du travail de l’assiette l’emportera finalement, la bande passionnée n’hésitant pas à s’enquérir de la possibilité de commander pour le lendemain matin plus de dix caisses du chinon blanc dégusté avec le filet de poisson « sauvage du bassin de Loire » grillé (en l’occurrence du mulet), émulsion au beurre rouge, de cuisson parfaite. S’ajoutant à notre plaisir, l’information que ce poisson avait été pêché par Romain Gadais, pêcheur professionnel en Loire, avec qui nous avons rendez-vous le lendemain pour une balade en gabarre sur le fleuve. Ce savoureux poisson fluvial succédait au « Pressé de ris d’agneau et foie gras de canard à la pomme tapée de Rivarennes, confite au coteaux du Layon ». De l’apéritif au café, une impression globale d’amabilité, de professionnalisme, de sincérité dans cuisine et surtout, de maîtrise, compte tenu de la taille du groupe. Nous avons aimé.

menu du restaurant Au Chapeau rouge à chinon

© Quitou.com

La première journée paraît traditionnellement plus longue que les autres. C’est sans demander leur reste que les troupes se replient dans leur bivouac, heureusement calme et préservé de l’agitation des quelques bars de la ville. Fatigués ? Tous ? On aurait pu le croire… Deux d’entre eux avoueront le lendemain matin avoir effectué une randonnée nocturne complice chargée de sens, sous le ton de confidences murmurées dans les ruelles moyenâgeuses de la cité. Une sorte de retour vers le futur susceptible d’éclairer la suite de leur parcours.

Sur la Loire, le matin du deuxième jour

alexis fouché, marinier de loire

Alexis Fouché             © Quitou.com

Réveillé à l’aube pour ne surtout pas manquer l’opportunité de discuter sans détours avec la direction de l’hôtel, il me tarde, ce moment négocié, de retrouver le fleuve.

La dernière fois que je m’y suis fondu, c’était avec des amis, deux quilles, l’une baptisée « La Pierre Plantée »  de Patricia et Luc Bettoni du domaine Les Eminades à Saint-Chinian, quille qui n’a pas fait long feu et l’autre dénommée « Illuminations » de Laurent Herlin, qui n’a pas davantage résisté. Sous un ciel brumeux qui rend aussi la Loire si énigmatique et belle, mais tellement différemment, un moment rare. Oui, il est temps que je retourne sur l’eau et sente ce que cette fois elle me raconte.

Bien avant l’apparition des moyens de transports modernes, la Loire était une véritable autoroute fluviale. Marchandises et personnes s’agglutinaient sur des centaines d’embarcations à une époque où déjà, la navigation exigeait une expérience et un savoir-faire bien ancrés. Toues, fûtreaux, gabarres, tous ces bateaux traditionnels assuraient aussi la prospérité commerciale de nombreuses familles. A cette époque, les petits ports se multiplient le long des berges qui grouillent d’activité. Le fleuve-roi y est terriblement vivant, plus que jamais.

romain gadais - pêcheries les ligériennes

Romain Gadais – © Quitou.com

9.30 h.Nous avons rendez-vous au pied du pont de Langeais avec Alexis Fouché, « pirate et marinier de Loire », insatiable raconteur, fondateur en 2007 de l’Association Endremage, dont le but est de rassembler les passionnés du fleuve souhaitant promouvoir la navigation à l’ancienne, respectueuse du biotope local.

Son complice du jour est Romain Gadais, pêcheur professionnel sur la Loire et par corollaire fournisseur des belles tables de Chinon. Nous avons pu vérifier son habileté la veille, au Chapeau Rouge.

Pour cette balade, le fleuve nous la joue cette fois en séducteur. Le soleil irradie la vallée, titillé par quelques nuages cotonneux épars. La lumière, irisante et splendide, nargue déjà les coins plus reculés, fait et défait les ombres au gré de son avancement, inonde les berges et irradie une eau par endroits cristalline. La brise est là, caressante ; elle achève de réveiller doucement les engourdis. Dans cet environnement préservé, où ont trouvé refuge tant d’espèces animales et végétales, un pressentiment… celui qu’un joli moment vient à notre rencontre.

Bateaux traditionnels sur la Loire

Bateaux traditionnels sur la Loire – © Quitou.com

Répartition de la troupe en deux groupes, embarquement sur les bateaux traditionnels puis glissement progressif à l’écart des berges. Honnêtement, on ne sait où regarder tant le spectacle est à la fois apaisant et flamboyant. Alexis est intarissable. Il connaît les pièges que le cours sauvage du fleuve présente, l’étroitesse du chenal navigable sinueux, l’absence de profondeur pouvant surgir à chaque instant, les îles et grèves, sables mouvants et courants parfois tourbillonnants. Il maîtrise aussi l’histoire du fleuve et de sa navigation et ne se prive pas de nous retracer les grandes lignes.

balade en gabarre sur la loire

© Quitou.com

Nous nous laissons bercer par le clapotis de l’eau et le son de sa voix. Pendant ce temps, je suis discrètement informé par un complice d’une activité fébrile dans les vignes, pas très loin de là, dont les auteurs sont trois amis, réunis pour nous préparer le plus bel accueil dans le vignoble de Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

Fumoir à poissons de Romain Gadais, pêcheur professionnel en Loire

Fumoir à poissons –    © Quitou.com

Avant de nous rendre à ce deuxième rendez-vous vigneron, un petit détour par Bréhémont, village d’accueil des Pêcheries Ligériennes de Romain Gadais, là également où il s’exerce à fumer artisanalement une partie du poisson pris dans ses nasses et filets.

Pêcheur professionnel sur Loire, il fallait l’oser, il s’est jeté à l’eau, avec tous les risques que ce choix comprend. Respect donc pour ce jeune homme certes timide mais avant tout passionné, dont on réalise rapidement qu’il ne se sent vraiment bien que sur l’eau ou dans le petit atelier où il réalise ses fumages et autres rillettes ou feuilletés de poissons.

Deuxième rencontre vigneronne à l’horizon

Nous prenons congé en fin de matinée et réinvestissons le wine-car tout en informant ses amortisseurs que leur vie de cocagne est en voie d’achèvement. En route pour retrouver des vignerons amis extrêmement attachants par bien des points de vue, réunis pour l’occasion et le plaisir de tous, Xavier Amirault du Clos des Quarterons et son compère de Chouzé-sur-Loire, Laurent Herlin du domaine éponyme. De sacrés gaillards, je vous l’assure, la suite des évènements le confirmera sans conteste possible.

Maintenant, vite chez Xavier, où nous retrouverons également Laurent et Franck, complices dans la préparation de notre venue.

Q.

– Pour en savoir plus sur le travail de Laurent Herlin, c’est par ici

– Pour mieux connaître Xavier et Thierry Amirault, c’est par là

bourgueil Illuminations de Laurent Herlin

Clos des Quarterons - Thierry et Xavier Amirault - St-Nicolas-de-Bourgueil

sancerre - route des vignobles du coeur de France

Millésime 2013 : La Bourgogne et la Vallée de la Loire

Millésime 2013 en Bourgogne: L’année de tous les dangers…

Dans cette région, le problème est moins posé par le choix des vins à acheter que par les volumes mis en vente, qui influencent inévitablement le prix demandé pour les acquérir. La Bourgogne, lourdement victime depuis plusieurs millésimes d’une baisse de rendement forcée par les éléments climatiques, manque de vin et ne sait répondre à la demande. L’envolée des prix est quasi inévitable, pour des qualités honnêtes sans plus.

J’ai encore en mémoire le désolant spectacle de l’an passé des vignes de Pommard, Volnay et Beaune notamment, hachées en quelques minutes par la grêle, qui laissait augurer des horizons bien sombres. Solidaire, ma voiture avait à l’époque tenté de rendre l’âme sur la petite route qui sépare deux premiers crus: « Les Charmots » et « Les Grands Epenots ». Mais moi, j’ai pu réparer… L’infortune des vignerons locaux fut bien plus lourde de conséquences.

vigne grêle pommard

Après la grêle à Pommard – © V. Roelandt

quitou pommard

© V. Roelandt

 

 

 

 

 

 

 

La Bourgogne a payé un très lourd tribut au déchaînement des cieux. Compte tenu de ceci, on ne peut que saluer le niveau qualitatif de la production, signe du talent et du courage des vignerons bourguignons.

En blanc, le Chablisien fait la grimace. C’est la principale victime des caprices de la météo (soucis de maturité), avec la Côte de Beaune, très lourdement grêlée. Pour trouver des blancs francs et mûrs, mieux vaut filer vers le sud et retrouver cette dernière dans les secteurs globalement épargnés (Meursault, Chassagne) mais aussi la côte chalonnaise. Rully et Montagny me paraissent représenter de belles opportunités. Je n’ai pas goûté suffisamment de vins du Mâconnais pour émettre un avis mais il apparaît que là comme ailleurs, il a fallu beaucoup trier…

meursault - domaine Bouzereau

© V. Roelandt

En rouge, sans atteindre la qualité du millésime précédent, les vins de la Côte de Nuits tirent leur épingle du jeu, présentant des touchers de textures délicats et des équilibres appréciables. La météo y a été plus favorable. Pour la Côte de Beaune, j’opterais pour Santenay dont le millésime a nuancé la rigidité habituelle.

Mon conseil : en blanc, Meursault et en version moins onéreuse, Rully et Saint-Aubin. En rouge, Santenay et Nuits-Saint-Georges. A moindre coût, Fixin.

Soutenir les vignerons sinistrés dans les appellations suivantes en achetant leurs faibles volumes : Volnay, Pommard, Pernand-Vergelesses, Savigny-lès-Beaune.

 

La vallée de la Loire: Jongler dans les appellations et passer entre les gouttes…

Clos de La Poussie et Bué à Sancerre

Sancerre – Le Clos de La Poussie et le village de Bué – © V. Roelandt

Pour trouver des raisons de conserver son optimisme dans le vignoble ligérien, c’est dans le Centre qu’il faut se rendre. En blanc, le Pouillyssois et le Sancerrois vous attendent avec de généreuses réussites, qui contrastent fortement avec l’infortune des vignerons tourangeaux ou angevins notamment. De Tours aux portes de l’Atlantique, le ciel est resté bien sombre dans ce millésime 2013. Pluies abondantes et grêle ont retardé les maturités et déclenché les maladies. Un peu comme en Alsace, le choix du moment de la vendange a été un facteur crucial de réussite. Passer entre les gouttes et prendre le risque d’attendre une meilleure maturité, par temps instable. Tel était le défi posé aux vignerons. Métier facile pensent certains…

Ici encore plus qu’ailleurs, c’est l’année des acteurs de la vinification avant d’être celle du raisin, qui dans certains vignobles, ont été peu nombreux à rentrer au chai (Vouvray notamment).

En rouge, les dégustations de Bourgueil et St-Nicolas révèlent une grande hétérogénéité, bien compréhensible. En revanche, dans la patrie de François Rabelais à Chinon, le cabernet franc a fait face à l’adversité.

chinon

© V. Roelandt

Mon conseil : en blanc, Sancerre (les secteurs des Monts Damnés et de la côte de Chavignol ont donné de beaux résultats). Les amateurs de liquoreux angevins seraient bien avisés d’attendre des jours meilleurs. En rouge, Chinon, pour des vins concentrés (rendements diminués par les caprices météorologiques) et aptes au vieillissement en cave.

Soutenir l’appellation Vouvray, largement dévastée par la grêle…

A demain pour une expédition vers l’Aquitaine! Sous la loupe, Le Grand Sud-Ouest et le Bordelais.

Q.

Pour en savoir plus sur les orages de grêle qui ont frappé Vouvray,  voir ce précédent billet de mon blog.

Pour mesurer ce qui a frappé la Côte de Beaune, c’est par ici