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Rencontre truffée d’intérêt, avec des Vignerons de Caractère …

Dentelles de Montmirail

Ou comment l’utilité de la dégustation se confirme à chaque instant…

Un des aspects les plus grisants du vécu du dégustateur se trouve à coup sûr dans la capacité qu’a l’univers du vin à surprendre, faire rêver, remettre en questions les vérités supposées établies, faire vaciller d’une gorgée les préjugés et finalement, rendre caduques toutes nos velléités de sécurisation par l’immobilisme des idées, conscientes ou non. Le vin rapproche et rassemble. Il divise aussi parfois, nourrissant des débats passionnés, inondant la blogosphère, les discussions familiales, les échanges entre amis, les cavistes, les « experts », …

Un constat me semble toutefois prendre le dessus, inévitablement. Pour celui qui sait élargir ses horizons et tenir en éveil sa curiosité, le vin met avant tout en relief la compréhension des cultures, des personnalités et des biotopes, tout en favorisant le rapprochement de ceux qui lui prêtent de l’intérêt.

degustation olfactive

© 2014 Alain Reynaud

Ceci peut arriver à chaque instant, la plupart du temps au moment où on s’y attend le moins. Comment ne pas voir là l’explication du plaisir intense que ressent le dégustateur, aguerri ou non, dans la quête que représente la découverte d’une cuvée. Au moment où le verre se remplit, tout est encore possible, tout est à imaginer… Confirmations, étonnements en tous genres, remises en questions de constats pourtant maintes fois vérifiés, déceptions inattendues. L’arrêt sur image est vivement déconseillé et c’est tant mieux.

Cette capacité qu’a le vin de surprendre constitue donc incontestablement un de ses attraits majeurs. Ce constat s’est une nouvelle fois confirmé à l’occasion d’un des nombreux moments forts que j’ai récemment vécus lors du dernier salon Vinisud de Montpellier, point stratégique de rencontre du monde professionnel autour des vins méridionaux, issus des quatre coins de l’arc méditerranéen.

Les Dentelles de Montmirail, haut-lieu historique de la viticulture

Le lieu de la rencontre nous emmène dans un des plus beaux décors du sud de l’Hexagone : le secteur des Dentelles de Montmirail, berceau de plusieurs appellations qui ont gagné au fil du temps leurs lettres de noblesse. Laborieusement pour certaines d’entre elles, il faut le rappeler.

vacqueyras paysage dentelles

Dentelles de Montmirail – En arrière-plan, le Mont Ventoux

Sous l’élégance ciselée des crêtes (730 m d’altitude pour la plus haute d’entre elles, la crête de Saint-Amand) et au pied de ce massif des Baronnies balayé par le Mistral, mais aussi dans les premières zones de la plaine rhodanienne se niche un chapelet de terroirs dont les identités font déjà rêver : Beaumes-de-Venise, Gigondas, Plan de Dieu, Séguret, Rasteau, Cairanne, …

Un décor sauvage, sans concessions, minéral et tourmenté. Un décor que je ne me lasse pas d’arpenter, depuis de nombreuses années, à pied, à moto, en voiture ou même à cheval l’an passé… Lorsque l’appel des Dentelles retentit, autant le confesser, il m’est difficile d’y résister. Si vous n’y êtes pas encore allés, comblez cette lacune, vous comprendrez mieux mes élans vis-à-vis de ces terres.

Vacqueyras, où cohabitent puissance et distinction…

Au pied des crêtes, sur le territoire des communes de Vacqueyras et de Sarrians, nous retrouvons aussi Vacqueyras, ancienne appellation des Côtes-du-Rhône Villages ayant accédé au statut d’appellation contrôlée en 1990, rejoignant ainsi le cercle des crus de la vallée, au nombre de 15. Un peu trop tôt affirment certains, et je partage leur avis.

C’est l’éternel débat, celui qui alimente tant de discussions, depuis les comptoirs des cafés de villages jusqu’aux bureaux feutrés des grands décideurs de l’INAO et du Ministère de l’Agriculture. Faut-il valoriser une zone par son accès au statut d’appellation contrôlée (aujourd’hui « protégée ») en espérant que cette nouvelle donne encouragera les vignerons à en être dignes ou est-il préférable d’attendre le résultat des efforts qualitatifs locaux pour mettre en valeur leur production, et puis seulement modifier le statut de celle-ci ? On retrouve dans plusieurs régions des exemples de réussites et d’échecs relatifs correspondant aux deux orientations. Dès lors…

Vacqueyras et les Dentelles

Vacqueyras et les Dentelles – © Christophe Grilhé

Dans la région, ce sont les puissantes gelées de l’hiver 1956 qui ont modifié le visage de l’activité humaine. A partir de ce moment, les oliviers, plus sensibles que la vigne à ce fléau parce qu’ils gèlent par leur tronc avant que leurs racines ne soient touchées, ont progressivement cédé du terrain (dans tous les sens du terme) à la viticulture. On a alors choisi des cépages adaptés au biotope local, défriché un peu partout, épierré sur les premiers contreforts du massif, installé des terrasses pour éviter la brutale descente des terres vers la plaine lors des violents orages auxquels la région n’échappe pas. Bref, on a réuni les conditions pour une viticulture de qualité, pendant que les ceps les plus audacieux escaladaient les pentes…

Au sein de ce décor enchanteur de l’appellation Vacqueyras se côtoient sur une surface de 1391 hectares les caves particulières (un peu plus de 80 au dernier recensement), de tailles variables et des structures coopératives (5) dont fait partie celle que j’évoque aujourd’hui et qui dès sa création, en 1957, a souhaité annoncer la couleur par sa dénomination : « Les Vignerons de Caractère ».

Vignerons de Caractère - Vacqueyras

© 2014 Alain Reynaud

Perle de Rosé - Vignerons de Caractère - Vacqueyras

© 2014 Quitou

Dans le secteur, en appellation Vacqueyras, peu de concessions sont laissées aux vins qui n’auraient pas rougi, 5% de la production seulement leur échappant. Difficile en ce qui me concerne de le regretter, n’ayant guère eu jusqu’à présent l’occasion de me laisser emporter par des cuvées de blanc ou de rosé susceptibles de nuancer mon avis (hormis les savoureuses et amusantes mais marginales « Perles de muscat et de Rosé » des Vignerons de Caractère, qui assurent l’effervescence moelleuse du secteur).

Je ne désespère toutefois pas de rencontrer des vins qui iraient à l’encontre de ce constat, à plus forte raison depuis que j’ai appris qu’une étude géologique initiée par le syndicat avait permis d’identifier des zones favorables à la production des blancs de qualité… Voilà qui encourage les sens à rester en éveil.

Une invitation qui arrive à point nommé

Autant le préciser, l’invitation que m’a adressée Louise Massaux pour assister à l’animation « Entre Verres et Truffes » lors du salon Vinisud était une opportunité de (re)découvrir la production des Vignerons de Caractère, qui peinait à emporter mon enthousiasme depuis le milieu des années 2000, essentiellement pour des motifs de manque de régularité, d’homogénéité et surtout d’ambition…

louise massaux

Louise Massaux – © 2014 Alain Reynaud

Cette période fut pour moi l’occasion de faire plus ample connaissance avec quelques propriétés dont la qualité de production justifiait largement le statut obtenu par l’appellation. Parmi mes favoris, le domaine Le Sang des Cailloux, le domaine de Font Sarade, Le Clos de Caveau et l’inévitable Montirius (liste non exhaustive).

vignerons de caractere vacqueyras

© 2014 Quitou

C’est donc porté par une grande motivation et une réelle curiosité que je me suis rendu le mardi 25 mars sur le stand des Vignerons de Caractère de Vacqueyras. Une demi-heure auparavant, j’achevais un formidable tour d’horizon dans les terres reculées languedociennes, en compagnie des vignerons de Saint Georges d’Orques. Dur métier, vous en conviendrez…

Brève présentation de la structure mise en lumière aujourd’hui : pas moins de 80 familles de vignerons sont concernées pour une superficie globale de près de 1000 hectares de vignes, assurant un peu moins de la moitié de la production totale de l’appellation. Et depuis 2004, un engagement concret dans une approche globale de développement durable.

Tout ceci n’aurait que peu d’intérêt si le niveau des vins n’était pas à la hauteur. Dans ce domaine, j’ai pu sensiblement réviser mes tablettes. Au fil de la dégustation des différentes cuvées, un nouveau constat s’est imposé: l’image du passé était devenue quelque peu obsolète. Pas d’euphorie généralisée car l’une ou l’autre déception (de style essentiellement), mais plusieurs beaux voire très beaux flacons, qui témoignent de sélections rigoureuses, rendements angéliques et de vinifications abouties et marquées d’ambition (mais sans sur-extraction).

Un détail mais les gourmets comprendront; bravant le délicieux fumet qui s’échappait des casseroles du petit coin cuisine installé sur le stand, tentant péniblement de faire bonne figure en laissant croire qu’il laissait mes sens de marbre, j’ai pris soin de déguster les vins avant de tester les harmonies avec les préparations à base de truffe, extrêmement savoureuses par ailleurs, concoctées par la nouvelle équipe qui œuvre dans le restaurant situé au sein même de la Cave. Bon, je me suis rattrapé ensuite…

La dégustation des cuvées des Vignerons de Caractère à Vacqueyras

vin blanc vignerons de caractere

© 2014 Alain Reynaud

– Commençons par une jolie surprise, en blanc, le côtes-du-rhône « A l’Ombre des Fontaines » 2013, tout en nuances, dont la fraîcheur florale et la subtile minéralité s’associent aux fruits blancs frais dans un ensemble de texture aérienne, très tonique. Dans cette couleur, j’avoue avoir été moins convaincu par les autres cuvées dégustées, onctueuses et riches certes, de grande maturité et persistantes, mais manquant toutefois à mon sens de tension et de vivacité en bouche. C’est une question de goût, plusieurs amateurs s’appuyant sur cette même description pour louer la qualité de ces crus. Enfin, un passionnant débat s’engage naturellement autour d’une cuvée dont le dosage de barrique a divisé les dégustateurs.

Virons au rouge…

cotes du rhone - domaine de la maurelle

© 2014 Quitou

– Paré de tanins soyeux et gourmands, le côtes-du-rhône rouge 2012 du domaine de La Maurelle s’est montré moins corsé qu’annoncé. Pas de souci, cette puissance relative ayant laissé place à une grande élégance. Bel équilibre acidité/moelleux et expression fruitée (cerise, mûre) généreuse. Gourmand et enjôleur.

vacqueyras vignerons de caractere - seigneur de fontimple

© 2014 Quitou

– Vient ensuite le vacqueyras « Seigneur de Fontimple » 2012, qui démontre que vigueur et densité ne sont pas incompatibles avec l’élégance et la délicatesse de texture. En bouche, une décoction de fruits mûrs (figue, prune) et d’épices, assortis d’une touche réglissée, davantage présente dans une finale nette, épurée.

vacqueyras vignerons de caractere - Hauts de Castellas 2012

© 2014 Quitou

– Offrant une bouche complexe et profonde, plus compacte encore, le vacqueyras « Les Hauts de Castellas » 2012 se montre tramé par une vendange très mûre et enveloppée de tanins sérieux mais bien gérés. La matière, solide et noble à la fois, exprime d’intenses saveurs de baies noires confiturées, cacao, épices et léger moka en finale. Un cru ambitieux, qui illustre les options prises par la Cave.

– Toujours en vacqueyras, le domaine Carobelle 2011 m’a moins convaincu. Sans défaut, « propre » et assagi, presque tendre, mais manquant à mon sens quelque peu de relief et de définition, malgré un équilibre global appréciable.

La production des Vignerons de Caractère ne se limite pas à ces appellations. Gigondas est à une portée de bouchon et Beaumes-de-Venise à peine plus loin. Dès lors, l’occasion était belle de découvrir une cuvée dont certains font grand cas, en appellation gigondas, la cuvée « Eloquence » dans un millésime qui s’il n’a pas donné de volumes importants, n’en a pas moins livré des vins au grain élégant, serré, dotés de structures soyeuses et pour la plupart fort digestes. Dans le même millésime est annoncée en voie finale de la dégustation, l’entrée en carafe d’un vacqueyras censé être le fleuron de la gamme, « l’Absolu d’Eternité ». La tension monte autour des verres… Les deux crus, aérés, nous attendent sereinement.

beaumes de venise - les figuieres - vignerons de caractere

© 2014 Quitou

– Pour patienter encore (ou nous faire languir), un détour par le beaumes-de-venise « Les Figuières » 2012 est proposé. Bien nous en a pris. Gourmand en diable, mêlant dans un bel élan sudiste les notes fruitées (gelée de framboises, coulis de mûre) et de garrigue (thym, genièvre), ce vin enveloppé et croquant m’a séduit, tant par sa netteté en bouche que par son équilibre vivacité/gras. La fraîcheur était au rendez-vous, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir dans le secteur. Grande convivialité et esprit rassembleur pour ce cru.

vignerons de caractere vacqueyras

© 2014 Quitou

– Le gigondas « Eloquence » 2010 est versé. Il n’attend plus que nous. Le grenache y est largement dominant, environ 75% si mes souvenirs sont bons, associé à l’inévitable syrah. Allons droit au but. Malgré de hautes ambitions affichées, ce vin n’est pas monumental (au sens littéral du terme) et là se trouve sans doute sa plus grande qualité.

Je m’explique. Beaucoup de cuvées « travaillées », produites uniquement dans les grandes années, issues de rendements angéliques, se voient appliquer des vinifications extrêmement poussées, qui donnent naissance à des vins « sur-extraits », massifs, sans doute bâtis pour la garde mais finalement difficilement accessibles et manquant globalement d’élégance et de finesse de trame.

L’œnologue de la Cave n’est pas tombé dans le piège. Le vin est certes volumineux mais sans excès. Ce n’est pas une micro-cuvée destinée à évoluer sur 10 à 15 ans. Réellement séduisant aujourd’hui, il livre une bouche suave, racée, aux tanins ne perturbant absolument pas la lecture du fruit (cassis, cerise noire, fraise). L’évolution en bouche complète la gamme par des notes subtilement grillées, suivies en finale par une touche de « javanais ». C’est vraiment très bon, tout simplement.

gigondas eloquence - vignerons de caractere

© 2014 Quitou

– Last but not least, la cuvée « l’Absolu d’Eternité » 2010, qui signe la fin du parcours (avant de déguster les petites verrines délicatement truffées) avec un retour à la spécialité de la Cave des Vignerons de Caractère, le vacqueyras. Issu de sélections parcellaires, cette cuvée « haute couture » privilégie les vieilles vignes de grenache, associées pour la circonstance à la syrah et au mourvèdre. On a ici recherché autant la densité que la distinction. Le vin déploie en bouche une texture sphérique, réussissant à faire cohabiter moelleux et fraîcheur, le tout enveloppé de tanins d’une grande suavité. Aucune lourdeur mais de la mâche, aucune sévérité mais de la corpulence… La réglisse est présente, la mûre sauvage et le sureau aussi. Les touches toastées sont perceptibles mais au service de la complexité, le fruit se trouvant respecté par l’élevage. Enfin, il me plaît de souligner l’accessibilité de ce cru (en maturité car en prix c’est une autre histoire, même si un tel travail, associé à la rareté, peut justifier son coût de 46€ départ cave).

vacqueyras absolu eternité - vignerons de caractere

© 2014 Quitou

Que retenir de l’expérience ?

Ce qui suit n’est pas une conclusion. Simplement le signe d’un principe que je tente de m’appliquer au quotidien, pas toujours avec aisance, et que je soumets à votre appréciation.

L’activité de dégustation place imperceptiblement et sans qu’on le réalise consciemment des balises qui en déplacent d’autres. De nouveaux horizons s’ouvrent mais ils referment parfois d’autres portes, des goûts se confirment ou évoluent… S’en réjouir, avant tout. Il se peut pourtant que le conditionnement, cet écueil majeur et en partie inévitable qui guette tout amateur de vin, œnophile averti ou non, prenne alors une place trop importante dans notre approche. L’expérience de dégustation de plusieurs cuvées des Vignerons de Caractère de Vacqueyras a été pour moi l’occasion de revisiter mes anciennes balises. Tout n’est pas à remettre en question mais la « mise à jour » est salutaire. Un coup de mistral sur une forme d’arrêt sur image qui ne tenait pas suffisamment compte de l’évolution de l’esprit du travail de cette cave.

Ceci en revanche, est une esquisse de conclusion. Pour éviter ce genre de situations, on n’a pas encore trouvé de meilleure solution que celle-ci : déguster davantage, sans se laisser enfermer dans les lieux communs et idées préconçues. Déguster davantage ? Comptez sur moi. Pour le maintien de l’ouverture d’esprit, je ferai comme d’habitude, mon possible…

Ce n’est donc qu’après tout cela, que j’ai plongé dans les délices de la « Rabasse ». Un joli moment, qui nous a donné l’occasion de regoûter les vins. Uniquement pour tester les accords, vous l’aurez compris.

Q.

vignerons de caractere vacqueyras

© 2014 Alain Reynaud

– L’appellation Vacqueyras se découvre également ici

– Pour en savoir plus sur les Vignerons de Caractère, c’est par ici

– Pour découvrir le blog de Louise Massaux, « Quilles de Filles », ouvrez ce lien

– Pour faire connaissance avec le travail du photographe-créateur Alain Reynaud, cliquez ici

 

Vacqueyras

Vacqueyras – © Christophe Grilhé

 

 

Entree Vinisud 2014

VINISUD 2014: Une fourmilière sur fond d’azur

balise du salon Vinisud 2014

Vinisud, Kesako ?

Crachoir et verres Vinisud

© 2014 Vinisud

Vinisud est une immense fourmilière bisannuelle, véritable vitrine vivante de tout l’arc viticole méditerranéen, classée dans les 3 premiers salons mondiaux consacrés au vin. Plus de 12000 individus y évoluent chaque jour (un peu moins le dernier jour), dans une succession d’espaces où pas moins de 1700 exposants représentent plus de la moitié de la production de la planète et environ 65% des exportations de vins dans le monde. Le décor, gigantesque, impressionnant, est planté.

Plongés pendant 3 jours au cœur de cette immense exposition,  les visiteurs venus des quatre coins de tous les continents vont entrer en contact avec les acteurs de la filière viticole de nombreux pays différents, autour d’un point commun : un intérêt marqué pour l’ensemble des vins issus des pays du bassin méditerranéen. Et cette année, les exposants français, majoritaires, affichent un sourire éclatant, à l’image d’un millésime 2013 extrêmement prometteur, qui contraste fortement avec les infortunes en tous genres dont ont malheureusement été gratifiées plusieurs autres régions de l’Hexagone.

Parc des Expositions de Montpellier

© Quitou

Que viennent chercher les visiteurs de cet évènement incontournable ? Découvertes, échanges, partenariats, négociations, émotions gustatives, participations aux ateliers et conférences, le choix est large et le temps s’égrène si vite au rythme des rencontres et il ne s’enrichit pas seulement de commentaires de dégustations…

Dans les travées les attendent un très grand nombre d’exposants, des plus modestes qui ont cassé leur tirelire pour s’offrir un petit stand porteur de tant d’espérances aux plus puissants, initiateurs de projets soutenus par d’importants budgets de marketing et publicité. Deux mondes se côtoient, sans trop de difficultés apparentes.

Inhérents à ces objectifs et moyens extrêmement différents, des espaces presque dénudés, décorés d’une timide affiche et de fiches techniques miniatures ou à l’opposé, de véritables salons de dégustation, parés de leurs plus beaux habits. Dans les premiers, majoritaires, on retrouve le vigneron, parfois accompagné de membres de sa famille, guettant le moindre signe encourageant pour raconter ses vins, son domaine, son esprit de travail, parfois de manière timide ou hésitante, par manque d’habitude ou comme s’il était impressionné par l’ampleur des lieux. Dans ces lieux-là, la parole est avant tout laissée aux vins et aux échanges qu’ils inspirent.

Vue aérienne des stands de vinisud

© 2014 Vinisud

Au détour des stands beaucoup plus spacieux et pour certains luxueusement équipés, un tout autre discours vous attend, dont les artifices divers finissent malgré tout par laisser place à l’objet essentiel des visites : la découverte des cuvées de la marque. Parfois, cela prend du temps.

vignerons de caractère - vacqueyras

© Quitou

Pour le visiteur, le plus compliqué n’est pas d’établir un programme de rencontres ; c’est de le respecter. A chaque instant peut se déclencher un échange qu’on aimerait voir se prolonger. Au moment du choix, la frustration n’est jamais loin.

Et puis, il y a ces vignerons avec qui nous entretenons des relations de complicité ou d’amitié depuis parfois plusieurs années, et qui comprennent difficilement de ne pas nous avoir croisés, à plus forte raison si nous avions annoncé notre passage. Partout, des tentations pour les rêveurs de vins, de rencontres et de mots que nous sommes. Parmi elles, les structures des syndicats ou regroupements de vignerons, toujours prêtes à offrir aux blogueurs et journalistes de la nourriture céleste pour leurs futurs billets…

Une fourmilière vous dis-je. Haut risque d’addiction avéré.

 

Récit d’un périple inachevé

Vous conter le détail de mon vécu au cours de ces trois jours s’apparente à une gageure. Pour y répondre et tenter de vous emmener dans le dédale de ressentis accumulés au fil des rencontres, sans vous abreuver de longueurs qui pourraient en lasser plus d’un, je vais tenter de vous faire gagner du temps. Ne vous réjouissez pas trop vite, ce n’est pas ma discipline favorite, d’autant plus que mon carnet de notes en tous genres s’est fortement rempli au fil des heures et des rencontres.

notes de degustation quitou vinisud

Un carnet bien rempli: notes de dégustations, petites phrases saisies sur le vif, coordonnées, découvertes… © Quitou

On va donc tenter de faire simple et aller droit au but, au cœur des ressentis de ma propre cuvée Vinisud 2014.

En lieu et place d’un récit complet, vous trouverez dans les lignes qui suivent, pêle-mêle, une succession d’instantanés recensant dans un désordre assumé les traces les plus marquantes de mon passionnant périple dans le Parc des Expositions de Montpellier.

Deux thèmes y sont explorés, reflets de perceptions tantôt positives voire enthousiasmantes et porteuses de perspectives, tantôt nettement moins emballantes, illustrant mes déceptions ou inconforts vis-à-vis de situations ou prises de position que je ne peux rejoindre ou approuver.

Et puis, pour conclure, quelques mots ou expressions saisis ça et là, au détour des travées, que je laisse à votre interprétation.

 

Mes rayons de soleil à Vinisud…

gigondas - vignerons de caractere

Gigondas « L’Absolu d’Eternité » 2010 – Cuvée Haute Couture des Vignerons de Caractère de Vacqueyras – © Quitou

– La forte progression en ambition des cuvées des Vignerons de Caractère à Vacqueyras. Incontestablement, cette cave qui il y a quelques années, faisait encore preuve d’irrégularité, a su hausser le niveau de l’ensemble de son travail. A suivre de très près dans les millésimes prochains.

– L’extrême gentillesse et la convivialité de Rémy Bousquet et de Bouchra, sa charmante compagne. Sans parler de la fraîcheur apportée par les dessins et slogans de Rémy, indispensable à un microcosme souvent trop figé.

– La convivialité méridionale décidément très contagieuse, parfaitement incarnée par Thierry et Cécile Mariotto (Cave Ô Saveurs).

– L’authenticité et la force de terroir des vins de Coteaux du Languedoc Saint-Georges-d’Orques, portés par des vignerons passionnés et très accessibles. Merci à eux pour la qualité de nos échanges.

– La débauche d’efforts dans la générosité du Château Puech-Haut pour accueillir lors de la Finale amis et partenaires privilégiés du domaine.

– Le talent et l’humilité du chef étoilé italien Giovanni Bruno, du restaurant bruxellois Senzanome, associé au talent du jeune chef Giuseppe Santoro du restaurant Un Altro Mondo à Wavre (élu par Gault & Millau Ambassadeur de la cuisine italienne en Belgique pour 2013). Leur « Quatre Mains » virtuose au cours de l’atelier oeno-gastronomique consacré aux vins siciliens nous a offert un très beau moment épicurien.

Atelier sicilien - Accords mets-vins

De droite à gauche, Giuseppe Santoro, Giovanni Bruno et Patrick Maclart – © Quitou

– La connivence et l’adéquation entre la personnalité de Pascal Fulla (Mas de l’Ecriture) et celle de ses vins. Discrétion et humilité au premier abord, peu pressés les uns et les autres de sortir de leur coquille, puis une montée en puissance tranquille mais indéfectible. La dégustation verticale de 14 millésimes (1999 à 2012) a également confirmé que les plus jolies cuvées ne se révèlent que très progressivement. Dans ce cas-ci, une remarquable tenue dans le temps, par l’élégance autant que par la concentration. De la très belle ouvrage.

– L’ineffable gouaille de Patrick Maclart, blogueur et journaliste, passionné autant par le partage de ses connaissances que par le plaisir des rencontres et échanges autour du vin. Impossible de rester insensible à ses élans et envolées lyriques, fussent-elles siciliennes.

– La touchante sincérité et la pureté des vins du tout jeune domaine La Toupie (2012) en Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Villages et Maury (blanc et rouge). Jérôme Collas gagne à être écouté. Ne l’abreuvez pas de vos certitudes, vous ne l’entendrez plus. J’ai vraiment beaucoup aimé.

Domaine la Toupie à Saint-Paul de Fenouillet, près de Maury

Domaine La Toupie à Saint-Paul de Fenouillet, près de Maury – © Quitou

– Les plaisirs gourmands procurés par l’événement « Entre verres et truffes », porté par l’enthousiasme et le sourire contagieux de Louise Massaux et des Vignerons de Caractère. Parfaite maîtrise des parfums de la truffe dans les préparations et jolies complicités avec les vins !

chateau de l'engarran rouge - quetton saint georges

© Quitou

domaine de l'engarran blanc

© Quitou

– La forte personnalité de Diane Losfelt du Château de l’Engarran (Saint Georges d’Orques) et la quête de vérité de terroir qu’elle poursuit pour chacune de ses cuvées, quelle qu’en soit la couleur… Un précieux moment de réflexion et de complicité partagées et une approche de ce que sera la cuvée « Haut de Gamme » de la propriété, par la dégustation séparée de différents crus pressentis pour composer l’assemblage final.

– Les blancs délicats de Corse, minéraux, iodés, floraux, fruités… Pour tous les goûts ! Décidément, le vermentinu est une invitation au voyage aromatique. Indispensable dans l’île pour la production de vins secs de qualité.

– La force tranquille et la jovialité communicative de Gérard Garroy, sommelier passionné expérimenté, relativement incapable de se prendre au sérieux, mais surtout compétent et parfait complice de plusieurs très bons moments.

– La virtualité des rapports initiés sur les réseaux sociaux qui se mue au fil des heures en poignées de mains, discussions passionnées, accolades, embrassades, éclats de rire et parfois, promesses de ne pas en rester là…

Domaine Guizard 2013

Domaine Guizard 2013 – Brut de Cuve – © Quitou

– L’exposition au risque, assumée, des vignerons qui ont accepté de soumettre à mes papilles leurs cuvées 2013, brut de cuves et à l’aube de toutes leurs expressions. L’assemblage de certaines d’entre elles n’était pas encore définitivement scellé…

– La générosité apaisante des vins crétois.

– En 3 jours, pas un seul signe perceptible d’abus de consommation et près de 32 000 visites… Bon, j’en remets une couche sur l’incongruité et l’aveuglement des prises de position de l’ANPAA ? Pas la peine j’imagine.

– L’indispensable entêtement des vignerons qui n’ont cure des rigidités de l’INAO, favorisant l’apparition de cépages parfois insolites, là où on ne les attendait pas.

– La troublante profondeur et la densité de ces vins méconnus que sont les maury secs (produits depuis le millésime 2012 seulement).

– La splendide exposition de photos mises en lumière du photographe Claude Cruells.

Photos lumineuses de Claude Cruells

Photos lumineuses de Claude Cruells

– Le retour au calme, chaque soir, dans la Marina de Port-Camargue, déserte et fortement ressourçante pour un indécrottable dégustateur-vadrouilleur.

– Le centre de Montpellier, lumineux, chaleureux et ma foi très propre (aux yeux d’un Bruxellois).

– Les expressions très pures du mourvèdre, lorsqu’il est compris, respecté et qu’il a échappé au stress hydrique. Je trouve ce cépage fascinant et encore trop peu exploité.

– La pureté ciselée des méthodes champenoises italiennes « zéro dosage » « Franciacorta », présentées par Fabio Grasselli pour Villa Crespia Muratori. La Lombardie (et le Trentin) sont décidément deux beaux terroirs pour les vins effervescents transalpins.

– La ténacité d’Alexa Bourniquel, dont le concept « le Vin au cœur des Femmes » n’aurait sans doute jamais vu le jour sans son intuition et une prise de risques qui en aurait fait reculer plus d’un… Son lieu de dégustation, à Béziers, est charmant.

– L’accueil lors de l’atelier de dégustation organisé par les vins AOC Saint-Chinian, au cours duquel Andrew Jefford journaliste du magazine anglais decanter.com, proposait de découvrir les pépites de l’appellation autour de Bouchées gourmandes. La truffe, le macaron, le chocolat et le Navet de Pardailhan étaient de la fête…

Andrew Jefford

Andrew Jefford – Decanter Magazine – © Quitou

Quelques cuvées ambitieuses de Saint Chinian

Quelques cuvées ambitieuses de Saint-Chinian – © Quitou

 

 

 

 

 

 

 

 

– La mimique de surprise du photographe de l’appellation Saint-Chinian, que j’ai qualifié de « Capteur extra-sensible de lumières et de couleurs», lorsque je lui ai insufflé l’idée de réaliser un album rassemblant ses magnifiques clichés.

– La soif d’apprendre de Giuseppe Santoro, plus à l’aise devant les fourneaux que devant le verre mais imprégné de l’envie de compréhension du vin. S’y mettre sérieusement serait une belle idée, les prédispositions sont là.

verre languedoc

© 2014 Vinisud

– La pureté de lignes du verre créé pour les vins du Languedoc, qui offre un plaisir encore accru lors des dégustations. Un important travail en amont a donné naissance à ce très beau verre, diablement efficace.

– La grande capacité de Michèle Steurbaut (Vent d’Anges) à favoriser par son enthousiasme et sa bonne humeur les liens entre les différents acteurs du vin. Pour preuve son incapacité à marcher plus de 5 mètres dans les travées sans rencontrer une connaissance dans les colonnes de visiteurs qui s’étirent entre les stands. Muriel Lombaerts (Le Vin des Femmes) – décidément, elles sont partout – peut en attester.

– Les vins du Chêne Bleu (en altitude, dans les Dentelles de Montmirail), vraiment passionnants, en rouges surtout. La Cuvée Abélard 2007, abyssale et puissante, mais parée aujourd’hui de tanins de velours, est un de mes coups de cœur du salon. A faire goûter à mon ami Christian du Patio des Vignes à Séguret…

mas de l'ecriture - pascal fulla

Une superbe cuvée de pascal Fulla – Coteaux du Languedoc Terrasses du Larzac – © Quitou

– Le choix délibéré de Pascal Fulla de ne pas financer l’artifice en refusant l’installation de moquette sur son stand. La vérité dans le verre et nulle part ailleurs. Pas besoin d’en rajouter, goûter puis en parler…

– Les appellations méridionales qui préfèrent privilégier le développement et la (re)plantation des cépages offrant une belle acidité naturelle et un lien minéral vivant au choix bien trop facile et finalement peu ambitieux d’intervenir sur les vins en les acidifiant.

– Le niveau d’ensemble des rouges secs du Roussillon, qui ont su aussi montrer des qualités de fraîcheur et d’équilibre. Le millésime 2013 devrait confirmer cette tendance.

– La remarquable initiative de « Wine Mosaic », association sans but lucratif, qui favorise la préservation et la promotion de 100 cépages originaux « oubliés » ou en voie de disparition. Actuellement, 70% des vins de la planète sont issus d’une trentaine de cépages seulement… sur plus de 1500 susceptibles de nous offrir leurs typicités. Ce mouvement lutte avec force pour la « vino-diversité ». Comment ne pas y adhérer ? Beaucoup trop de crus issus de terroirs différents commencent furieusement à se ressembler…

mas coris - atout pic

Terriblement gourmand et rassembleur… – © 2014 Quitou

– La formidable spontanéité (elle), associée à la discrète élégance (lui) de Véro et Jean Attard, propriétaires d’un petit domaine (en taille seulement) extrêmement attachant : Le Mas Coris. Leurs vins sont comme eux, ce qui ne surprendra personne parmi ceux qui ont eu la chance de les rencontrer. C’est mon cas. Vivement d’autres partages et dégustations des cuvées du domaine ! Seul souci, il semblerait que l’escalier de la cave soit assez glissant…

– L’offre du Palais Méditerranéen, qui a proposé en dégustation libre (ou guidée) et dans un espace unique près de 2100 vins issus de plusieurs pays. Bien vu pour ceux qui préfèrent se faire une première idée avant de rencontrer les auteurs de cuvées.

Palais Méditerranéen - parc des Expositions de Vinisud

Palais Méditerranéen – Parc des Expositions de Montpellier – © 2014 Vinisud

– L’échange d’idées enrichissant et le partage d’expériences dans l’avion du retour avec mon voisin de travée, co-fondateur du Cercle d’œnologie de Bruxelles, lieu qui avait  accueilli mes premiers pas hésitants dans l’univers de la dégustation, il y a quelques temps déjà…

 

Mes nuages à Vinisud…

– Les difficultés de circulation vers l’entrée sud du salon le matin (mis du temps à comprendre qu’il suffisait de faire le tour…) mais aussi l’incompétence avérée de mon GPS à trouver sa route autour et surtout dans Montpellier. Pratique pour les évènements off du soir…

stand IGP pays d'oc - Vinisud 2014- Le manque de temps (ou de rigueur) qui m’a empêché d’assister à une dégustation attendue dans le stand des Vins de Pays d’Oc. C’était prévu mais…

– La signalétique parfois manquante de cet immense salon. Heureusement, de charmants sourires et des conseils de réorientation attendent un peu partout le voyageur égaré…

– Le célèbre virus « barriculum toastum grillum » qui touche de plus en plus de vins blancs du sud dont l’expression variétale se trouve fortement inhibée. C’est grave Doctor Wine ? Non, juste dommage.

– Ne pas avoir réussi à répondre positivement aux invitations qui m’avaient été adressées. Deux jours de plus ? Au moins…

Stand Gérard Bertrand

© Pourcel Frères

– Le luxe ostentatoire de certains stands, dopés par des budgets que je n’ose imaginer, dont l’importance ne peut pas ne pas influer sur le prix des cuvées. Et je repense à Pascal Fulla, si loin de ces préoccupations…

– Le Wifi payant. C’est symbolique, j’aurais préféré payer le parking. Le financement de la visibilité du salon partiellement confié aux visiteurs… Curieuse idée.

– La difficulté quotidienne et récurrente de choisir les photos susceptibles d’illustrer dans les réseaux sociaux mes pérégrinations dans la fourmilière.

– Il m’est revenu que le niveau de prix de certains stands n’était pas toujours proportionnel à la qualité de l’infrastructure, essentiellement pour ceux qui devaient y faire fristouiller de petites sorcelleries gourmandes. Pour être honnête, le quidam passant a peu de chances de s’en rendre compte.

– Rien à voir avec l’organisation, mais le nombre de kilomètres parcourus m’a rappelé qu’il existe de nombreuses activités sportives prêtes à m’y préparer en amont. Question d’éviter certaines fatigues musculaires. Du côté du coude en revanche, RAS.

saint chinian canet valette - maghani

Pureté aromatique… Un festival. – © 2014 Quitou

– L’absolue nécessité de devoir tout recracher. Pour vous convaincre de l’ampleur du défi, goûtez et recrachez « Maghani » de Marc Valette, « La Lionne » du Château de l’Engarran ou le Maury blanc de Jérôme Collas. Plus facile d’arrêter de fumer, à mon humble avis.

grenache night- L’impossibilité sonore d’échanger avec les vignerons lors de la « Grenache Night », malgré l’incontestable attrait de l’évènement.

– Sans verser dans la généralité facile, la difficulté récurrente des blancs secs méditerranéens à maintenir de la fraîcheur dans les assemblages.

– Le sourire programmé qui éclaire soudainement certains visages derrière les stands, lorsque la couleur bleue de votre badge est identifiée.

 

Les mots marquants de Vinisud…

« Même si c’est difficile à imaginer, nous avons des nuits fraîches par chez nous, elles nous sauvent. »

« J’ai vite compris que le bois américain n’était pas fait pour nous. Erreur de jeunesse, qui ne se reproduira plus. »

« Cette année, la syrah a troqué chocolat et réglisse contre un bouquet de fleurs glissé dans un panier de fruits. »

« Le stand corse est une nouvelle île de beauté. Son ciel de pipettes semble davantage attirer que leurs vins. C’est regrettable. »

ciel de pipettes corses - vinisud 2014

© 2014 Thierry Mariotto – Vinisud

« Quand les éclats de quartz se mêlent au calcaire, rien ne peut arrêter l’élégance minérale qui transpire dans le vin. »

« Si vous parlez de nous, n’hésitez pas à ne faire écho que de ce qui vous a vraiment plu…»

« Une définition de la biodynamie ? Rendre son domaine entièrement autonome, indépendant vis-à-vis des facteurs d’intervention extérieurs non choisis. »

« Chez nous, en 2013, ceux qui ont maîtrisé leurs nerfs et attendu sans sourciller les maturités qui tardaient à venir ont été largement récompensés. »

« Un si grand stand consacré aux vins de femmes… Et il n’est pas plus bruyant que les autres ? Ah bon… »

femmes vignes rhône

© 2014 Quitou

«  Allez voir les vignerons crétois. Leur stand est aussi calme que la mer qui les entoure. »

« Qu’appréciez-vous chez les Italiens ? Leur élégance ? Leur convivialité ? Leur charme ? Vous trouverez tout ça dans nos vins. Je vous fais goûter ? »

Une toute petite femme, toute timide, d’un tout petit domaine : « Monsieur, vous ne voulez pas venir goûter les cuvées de mon mari ? Elles valent la peine vous savez… »

Les vins du Sud-Ouest - Vinisud 2014

Les vins du Sud-Ouest – © 2014 Vinisud

« Rassurez-moi, vous n’allez pas goûter toute cette ligne… ? »

« Si tu ne m’as pas trouvé dans les listes et annuaires, c’est normal. Je suis l’invité-surprise de ce salon. »

« En échange de cet énorme annuaire de vignerons, on ne vous demande qu’une seule chose : votre carte de visite. Pas très cher, vous ne trouvez pas ? »

« Vous ne semblez pas convaincu par cet assemblage. Allez-y franchement, expliquez-moi ce qui vous gêne… Je vous arrêterai si nécessaire ».

« Nous luttons pour le renversement du régime dictatorial de la syrah. Le peuple silencieux des cépages anonymes prépare l’offensive. »

« Ce millésime 2013 ne nous a pas été offert. Nous l’avons gagné. »

« Il vous reste combien de temps pour le palais Méditerranéen ? 1 heure ? Ne commencez pas, vous seriez frustré. »

palais mediterraneen - vinisud 2014

Palais Méditerranéen – © 2014 vinisud

Et celle-ci, qui m’a cueilli lors de ma dernière sortie vers le parking, œuvre d’une charmante hôtesse en charge d’un petit sondage : « Auriez-vous un seul motif de revenir ici lors de la prochaine édition? »  Face à mon hésitation : « Vous avez raison, il y en a trop pour qu’on puisse en isoler un. À dans deux ans, j’imagine …»

Il n’aura échappé à personne que malgré un esprit critique développé, le soleil l’a largement emporté sur les nuages. Ceux-ci n’ont finalement qu’une utilité : justifier l’intérêt d’y retourner en 2016 pour vérifier ce qui aura évolué. Ce que j’ai la ferme intention de faire, par conscience professionnelle uniquement, bien entendu.

Bon, dans un parfait élan de naïveté, j’avais imaginé faire court. A cet égard, acceptons-en l’augure, ce billet est un échec retentissant. Vous aurez au moins échappé au récit détaillé, c’est déjà ça…

Merci à ceux qui sont arrivés jusqu’ici et à bientôt pour d’autres partages !

Q.

 

Pour en savoir encore plus sur Vinisud, c’est par ici

Pour mieux comprendre les enjeux défendus par Wine Mosaic, c’est ici

La grande histoire du Petit Domaine Mas Coris: c’est ici

Pour découvrir l’univers de création de Rémy Bousquet, par ici

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